La République démocratique du Congo fait face à une nouvelle menace sanitaire majeure. Le gouvernement a officiellement déclaré la 17e épidémie de maladie à virus Ebola dans la province de l’Ituri, précisément dans les zones de santé de Rwampara, Mongwalu et Bunia, où la situation suscite une vive inquiétude.
Selon le ministère de la Santé publique, huit cas positifs sur treize échantillons analysés ont été confirmés par l’Institut national de recherche biomédicale le 14 mai 2026. La souche identifiée est celle d’Ebola Bundibugyo, réputée particulièrement préoccupante en raison de l’absence de vaccin homologué et de traitement spécifique, comme l’a rappelé le directeur général d’Africa CDC, Jean Kaseya.
Au 15 mai, les autorités sanitaires recensent déjà 246 cas suspects et 80 décès, dont quatre cas confirmés positifs. Le cas index présumé est celui d’un infirmier décédé le 24 avril au Centre médical évangélique de Bunia après avoir présenté de fortes fièvres, des vomissements hémorragiques et une grande faiblesse physique.
Face à cette flambée, le gouvernement congolais a activé le Centre des opérations d’urgence de santé publique en mode réponse niveau 1. Des équipes d’intervention rapide ont été déployées sur le terrain tandis qu’un appel à la mobilisation des partenaires techniques et financiers a été lancé. Les autorités invitent également la population à signaler tout cas suspect via le numéro vert 151.
La situation prend désormais une dimension régionale. L’Ouganda a confirmé un cas importé en provenance de la RDC. Il s’agit d’un ressortissant congolais de 59 ans décédé le 14 mai à l’hôpital musulman de Kibuli, à Kampala, après avoir présenté plusieurs symptômes compatibles avec Ebola. Les analyses effectuées par les autorités sanitaires ougandaises ont confirmé la présence de la souche Bundibugyo.
Kampala affirme qu’aucune transmission locale n’est encore détectée, mais les autorités ont immédiatement renforcé les contrôles aux frontières, déployé des équipes de surveillance et placé plusieurs contacts à haut risque en quarantaine. Cette nouvelle épidémie intervient dans un contexte sécuritaire extrêmement fragile en Ituri, marqué par les violences persistantes des rebelles ADF et de plusieurs groupes armés locaux, notamment la CODECO et le groupe Zaïre.
L’insécurité, les déplacements massifs des populations et la difficulté d’accès à certaines zones risquent de compliquer davantage la riposte sanitaire et d’accroître les risques de propagation dans la région des Grands Lacs.
JK


