La zone de santé d’Oïcha, chef-lieu du territoire de Beni au Nord-Kivu, fait désormais face à son premier cas confirmé de maladie à virus Ebola (MVE) depuis le début de la 17ᵉ vague épidémique déclarée en République démocratique du Congo le 15 mai dernier. L’annonce a été faite par le docteur Kasereka Nzala Esaïe, médecin directeur de l’Hôpital général de référence d’Oïcha et représentant du médecin chef de zone, à la suite des résultats transmis par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB).
Selon les autorités sanitaires locales, un cas positif a été identifié dans la zone, tandis que deux autres cas suspects sont actuellement placés en observation dans un centre de transit déjà opérationnel. « Les résultats du premier lot envoyé à l’INRB sont disponibles. Nous avons trouvé malheureusement un cas positif dans la zone de santé d’Oïcha. Nous devons maintenant être vigilants. Ne paniquons pas, mais respectons les mesures barrières édictées par les autorités », a déclaré le Dr Kasereka Nzala Esaïe.
Face à cette menace sanitaire, les équipes de riposte ont immédiatement lancé des opérations de décontamination dans les endroits fréquentés par le malade confirmé. Les autorités sanitaires procèdent également à l’identification des cas contacts afin d’assurer un suivi rigoureux durant les 21 jours d’incubation du virus. « Certainement, il y a des cas contacts et la coordination zonale est déjà à pied d’œuvre pour les identifier. Après le listage, nous allons assurer leur suivi pendant 21 jours », a ajouté le responsable médical.
Cette confirmation à Oïcha marque une nouvelle étape préoccupante dans la propagation de l’épidémie d’Ebola Bundibugyo en RDC. L’épicentre demeure la zone de santé de Mongbwalu, dans le territoire de Djugu en Ituri, mais la progression du virus vers d’autres provinces inquiète de plus en plus les autorités sanitaires nationales et internationales.
D’après les dernières données communiquées jusqu’au lundi 25 mai, la RDC compte déjà 101 cas confirmés, dont 10 décès confirmés. Toutefois, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que la situation pourrait être bien plus grave. « Nous savons que l’épidémie en RDC est bien plus vaste. Il y a désormais plus de 900 cas suspects et 220 décès suspects », a alerté Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS.
Dans ce contexte de forte tension sanitaire, l’OMS a récemment mis en garde contre une « collision catastrophique » entre le conflit armé dans l’Est du pays et l’expansion de l’épidémie. Par ailleurs, plusieurs mesures préventives ont déjà été prises, notamment la fermeture temporaire de certaines structures sanitaires pour désinfection, comme la clinique Salama à Bunia.
Sur le plan financier, le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, a annoncé qu’un plan de riposte de 319 millions de dollars américains a été adopté à l’issue d’une réunion tripartite RDC–Ouganda–Soudan du Sud tenue à Kampala. « Sur les plus de 300 millions USD d’engagements, l’État congolais a déjà débloqué 20 millions », a-t-il précisé.
Alors que la vigilance sanitaire s’intensifie dans plusieurs provinces, les autorités appellent la population au strict respect des mesures barrières afin de limiter la propagation du virus.
JK


