C’est une réforme qui pourrait profondément changer les habitudes de millions de locataires et de propriétaires à travers la République démocratique du Congo. Réunis en séance plénière ce mercredi 3 juin 2026, les députés nationaux ont adopté à une écrasante majorité le projet de loi modifiant et complétant la législation sur les baux à loyer.
La mesure phare de ce texte est sans conteste l’obligation de fixer et de payer les loyers exclusivement en franc congolais. Une décision qui marque une nouvelle étape dans la politique de valorisation de la monnaie nationale et dans la lutte contre la dollarisation persistante de l’économie congolaise. Adoptée par 343 voix pour, cette réforme a largement convaincu les élus du peuple.
Le texte est désormais transmis au Sénat pour une seconde lecture avant son adoption définitive. Au-delà de la question monétaire, la nouvelle loi introduit plusieurs innovations destinées à moderniser et assainir les relations entre bailleurs et locataires. Parmi elles figure la création d’un « permis de bail », un mécanisme inédit qui vise à mieux encadrer le marché locatif et à renforcer la traçabilité des contrats.
Le projet prévoit également la mise en place d’un registre national des baux, destiné à centraliser les informations relatives aux locations immobilières sur l’ensemble du territoire national. Une mesure qui pourrait contribuer à réduire les litiges et à améliorer la transparence dans un secteur souvent marqué par l’informel.
Autre avancée majeure : l’encadrement strict de l’augmentation des loyers. Désormais, les propriétaires ne pourront plus procéder à des hausses arbitraires sans respecter les conditions prévues par la loi. Une disposition particulièrement attendue par de nombreux ménages confrontés à la flambée des coûts du logement dans les grandes villes du pays.
Sur les 49 articles que comptait la loi de 2015, vingt ont été modifiés afin de l’adapter aux nouvelles réalités économiques et sociales du pays. Pour les initiateurs du texte, cette révision vise à instaurer davantage d’équité entre bailleurs et locataires tout en renforçant le rôle régulateur de l’État.
Si elle franchit avec succès l’étape du Sénat, cette réforme pourrait constituer l’un des changements les plus significatifs du secteur immobilier congolais depuis plus d’une décennie. Elle traduit également la volonté des autorités de renforcer la place du franc congolais dans les transactions courantes et de bâtir un marché locatif plus transparent, plus structuré et mieux protégé. Pour des millions de Congolais, l’avenir du logement pourrait désormais s’écrire en francs congolais.
La rédaction de b-onetv.cd


