La tension monte entre les autorités congolaises et certaines instances sportives internationales. Face aux restrictions sanitaires imposées à la sélection nationale dans le contexte de la résurgence d’Ebola en RDC, le gouvernement congolais hausse le ton et dénonce des mesures qu’il juge injustifiées et discriminatoires.
Lors d’une communication officielle, Patrick Muyaya n’a pas caché son indignation. Le porte-parole du gouvernement estime que les dispositions prises à l’encontre des Léopards reposent davantage sur des préjugés que sur des considérations scientifiques. « La plupart de nos joueurs évoluent, sinon tous, à l’étranger. Il était prévu qu’ils viennent ici pour être décorés, mais aucun d’eux n’a foulé le sol de la RDC, parce que nous ne voulons justement prendre aucun risque », a-t-il rappelé, avant de qualifier ces décisions d’« attitudes discriminatoires ».
Le gouvernement insiste sur le fait que la situation actuelle ne peut être comparée à celle de la pandémie de Covid-19. Selon Kinshasa, les restrictions imposées aux joueurs et aux supporters congolais ne reposent sur aucun fondement sanitaire sérieux. « Ebola n’est pas la Covid-19. Ebola ne se transmet pas par aérosol. Il faut donc cesser d’avoir cette attitude discriminatoire, non seulement vis-à-vis des Léopards, mais également vis-à-vis des supporters congolais », a martelé Patrick Muyaya.
Même son de cloche du côté du ministère de la Santé. Roger Kamba estime que les mesures adoptées ne répondent à aucune logique médicale crédible. « Honnêtement, au-delà de la discrimination, je ne vois aucun intérêt sanitaire à ces mesures. Il n’y a absolument aucun intérêt sanitaire », a déclaré le ministre.
À quelques mois de la Coupe du monde 2026, cette polémique intervient dans un contexte où les Léopards poursuivent leur préparation et multiplient les rendez-vous internationaux. Pour les autorités congolaises, il est essentiel que les principes de fair-play et d’égalité de traitement s’appliquent également en dehors des terrains, afin que la sélection nationale ne soit pas pénalisée par des décisions perçues comme stigmatisantes.
Derrière ce bras de fer sanitaire se joue désormais une bataille d’image et de crédibilité, alors que la RDC réclame un traitement fondé sur les faits scientifiques plutôt que sur les peurs ou les amalgames.
JK


