Malgré les multiples initiatives diplomatiques engagées ces derniers mois, la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo demeure profondément préoccupante. Entre la persistance des affrontements, les activités terroristes et les attaques contre des infrastructures stratégiques, les Forces armées de la RDC (FARDC) estiment que le temps des simples déclarations est désormais révolu.
Lors d’une communication faite samedi 6 juin 2026 au chapiteau de l’État-major général des FARDC, le porte-parole intérimaire de l’armée congolaise, le lieutenant-colonel Mak Hazukay Mongba, a dressé un tableau alarmant de la situation sur le terrain. « La coalition RDF/AFC/M23 ainsi que les activités terroristes des ADF se poursuivent dans certaines zones du Nord-Kivu, de l’Ituri et du Haut-Uélé », a-t-il déclaré, soulignant que les conséquences de la guerre d’agression continuent d’affecter lourdement les populations civiles.
Face à cette réalité, les FARDC assurent rester pleinement engagées dans leur mission républicaine. « Nos forces demeurent mobilisées et poursuivent leurs opérations avec détermination afin de garantir la protection des populations, la défense de l’intégrité territoriale et la sauvegarde de la souveraineté nationale », a insisté le porte-parole. L’armée congolaise a lancé un appel pressant à la communauté internationale afin qu’elle renforce son implication dans la lutte contre les groupes armés opérant sur le territoire national.
Les FARDC demandent notamment une condamnation sans équivoque des violences commises contre les civils, un soutien accru aux efforts de lutte contre le terrorisme et le renforcement des mécanismes destinés à empêcher ces mouvements armés d’accéder à des équipements militaires sophistiqués. L’armée a également dénoncé des attaques ciblées contre certaines infrastructures stratégiques nationales, qu’elle considère comme une menace supplémentaire pour la stabilité du pays.
Dans cette communication, les FARDC ont tenu à adresser un message de solidarité aux habitants des zones en conflit ainsi qu’aux populations vivant dans les territoires sous occupation. L’armée affirme que la Nation n’abandonnera jamais ses citoyens et réitère sa détermination à poursuivre sans relâche sa mission de protection du peuple congolais jusqu’au rétablissement complet de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire.
Elle assure vouloir mener cette mission dans le respect des valeurs républicaines, avec professionnalisme, discipline et loyauté. Les FARDC ont par ailleurs exprimé leur préoccupation face au non-respect des engagements pris dans le cadre des processus de paix de Washington et de Doha.
Alors que ces initiatives diplomatiques étaient censées ouvrir la voie à une désescalade, les réalités du terrain racontent une tout autre histoire.
L’érosion de la confiance entre les parties, les divergences d’interprétation des accords et le manque de volonté politique de certains acteurs régionaux compliquent considérablement leur mise en œuvre. Le processus de Doha, placé sous la médiation du Qatar, peine lui aussi à produire des avancées concrètes. Malgré plusieurs cycles de négociations et l’étape de Montreux en Suisse, Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23 restent éloignés sur les principaux points de désaccord.
Dans ce contexte, les FARDC estiment que la recherche de la paix ne pourra aboutir sans un engagement plus ferme de la communauté internationale et sans le respect effectif des engagements souscrits par les différentes parties. Car, sur le terrain, la guerre continue d’imposer son rythme, pendant que les populations civiles demeurent les premières victimes de cette crise qui secoue l’Est de la RDC.
La rédaction de b-onetv.cd


