La confrontation politique entre le pouvoir et une partie de l’opposition prend une nouvelle tournure. Alors qu’elle avait annoncé le dépôt, ce mardi 9 juin 2026, d’une plainte contre le président de la République, la coalition C64 a finalement choisi de différer cette initiative, préférant consolider son arsenal juridique avant de passer à l’offensive. Dans un communiqué rendu public lundi soir, les principaux leaders de cette nouvelle plateforme politique, parmi lesquels Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga, expliquent que ce report vise à intégrer de nouveaux éléments apparus au cours des derniers jours.
« La Coalition C64 informe l’opinion publique qu’elle a décidé de différer le dépôt de sa plainte afin d’y intégrer de nouveaux éléments juridiques et factuels apparus au cours des derniers jours, ainsi que des pièces supplémentaires récemment recueillies », indique le document. Pour cette coalition, ce changement de calendrier ne traduit aucun recul, mais plutôt une volonté de présenter un dossier plus étoffé dans le cadre de son combat pour la défense de l’ordre constitutionnel.
Les responsables de C64 réaffirment ainsi leur « détermination inébranlable à défendre l’État de droit » et assurent qu’ils poursuivront, « avec responsabilité, rigueur et fermeté », toutes les actions qu’ils jugent nécessaires à l’accomplissement de leur mission. Cette démarche s’inscrit dans une séquence politique particulièrement tendue. Au lendemain de la journée « ville morte » organisée le 3 juin dernier à Kinshasa, la coalition avait annoncé son intention de poursuivre le chef de l’État, qu’elle accuse d’avoir engagé un processus assimilable à un « coup d’État contre la Constitution ».
Au cœur des critiques de l’opposition figure notamment le débat autour d’une éventuelle réforme constitutionnelle et de la proposition de loi portée par le député Ngondakoy, texte qui fixe les modalités d’organisation d’un référendum en République démocratique du Congo. Dans cette dynamique, C64 maintient également son projet de sit-in prévu le 12 juin prochain devant le Parlement. L’objectif affiché est de demander aux députés nationaux de retirer cette proposition de loi, que la coalition considère comme une étape vers une modification de l’architecture institutionnelle du pays.
En choisissant de reporter le dépôt de sa plainte tout en maintenant la pression politique, C64 semble privilégier une stratégie de long terme : renforcer la crédibilité juridique de son action tout en poursuivant la mobilisation populaire autour de la défense de la Constitution. Une posture qui laisse présager une nouvelle montée des tensions sur la scène politique congolaise dans les prochains jours.
La rédaction de b-onetv.cd


