Pendant que certains pays mesurent leur puissance à la taille de leurs usines ou de leurs armées, d’autres la construisent dans le silence des salles de classe. Ce jeudi 11 juin, à travers toute la République démocratique du Congo, plus de 1,6 million d’élèves ont pris place derrière leurs pupitres avec une mission qui dépasse largement le cadre d’un simple examen : commencer à dessiner leur avenir.
Le Test national de sélection et d’orientation scolaire et professionnelle (TENASOSP) a été officiellement lancé par la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, au Complexe scolaire Lestonnac-Mobokoli, dans la commune de Selembao à Kinshasa. Mais derrière les chiffres se cache une ambition nationale : bâtir une école capable de révéler les talents, d’orienter les vocations et de répondre aux besoins de développement du pays.
Cette année, 1 654 905 élèves de huitième année de l’éducation de base participent à cette évaluation sur toute l’étendue du territoire national ainsi que dans les centres organisés à Luanda et Cabinda, en Angola. Parmi eux, près de la moitié sont des filles, une évolution que les autorités considèrent comme le signe d’une école congolaise de plus en plus inclusive. Pour le gouvernement, cette progression de plus de 65 000 candidats par rapport à l’édition précédente témoigne des efforts consentis pour maintenir davantage d’enfants sur le chemin de l’école et renforcer les acquis de la réforme éducative.
Le TENASOSP ne se limite pas à distribuer des notes. Il constitue un mécanisme destiné à accompagner les élèves vers les filières qui correspondent le mieux à leurs aptitudes, à leurs ambitions personnelles et aux exigences du marché de l’emploi. L’objectif est de créer une meilleure adéquation entre la formation et les besoins réels du pays. Pour Raïssa Malu, l’orientation scolaire représente une décision stratégique qui engage non seulement l’avenir de chaque enfant, mais aussi celui de sa famille et, plus largement, celui de toute la nation.
La ministre a également eu une pensée particulière pour les candidats qui composent dans des conditions particulièrement difficiles, notamment dans les provinces confrontées à l’insécurité, aux déplacements de populations ou aux crises sanitaires. À ces élèves, elle a adressé un message d’encouragement, saluant leur détermination à poursuivre leurs études malgré les épreuves. Leur présence dans les centres d’examen, a-t-elle souligné, constitue un témoignage de résilience et une preuve que l’éducation demeure un espoir plus fort que les circonstances.
Prévu sur deux journées, les 11 et 12 juin 2026, le TENASOSP est devenu un rendez-vous incontournable du système éducatif congolais. Institué en 2022 dans le cadre de la réforme de l’éducation de base, il vise à rationaliser le parcours des apprenants et à mieux préparer leur intégration dans les humanités générales ou dans les filières professionnelles.
Au-delà des statistiques et des procédures administratives, cette édition 2026 rappelle une réalité essentielle : le développement d’un pays commence souvent par une feuille d’examen, un stylo et la volonté d’un enfant de croire en son avenir. Pendant deux jours, la RDC ne forme pas seulement des candidats. Elle prépare la génération qui portera ses ambitions de demain.
La rédaction de b-onetv.cd


