Les consultations politiques organisées à Bujumbura par le président du Burundi et président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye, ouvrent une nouvelle séquence dans la crise politique congolaise. Au lendemain de cette rencontre, la coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) a annoncé la tenue, ce jeudi à Kinshasa, d’un point de presse destiné à présenter les conclusions de ces échanges et sa position sur l’appel au dialogue lancé par le chef de l’État burundais.
Cette conférence de presse est très attendue, alors que les dirigeants de l’opposition et les responsables des principales confessions religieuses regagnent ensemble la capitale congolaise après une journée de consultations consacrées à la situation politique, sécuritaire et institutionnelle de la République démocratique du Congo.
Une journée de consultations en plusieurs étapes
Selon l’un des responsables de la C64, les échanges se sont déroulés dans un climat jugé constructif. Le président Évariste Ndayishimiye a d’abord reçu séparément les représentants des Églises de Réveil, conduits par l’évêque Ejiba Yamampia, puis ceux de l’Église du Christ au Congo (ECC), suivis de la CENCO, avant de rencontrer les cinq représentants de la coalition C64. Chaque délégation a exposé sa lecture de la situation en RDC au cours d’entretiens ayant duré près de deux heures.
La journée s’est ensuite poursuivie par une séance plénière réunissant l’ensemble des participants autour du président burundais et de son équipe afin de dégager les principaux points de convergence, avant de s’achever par une photo de famille. « Les discussions se sont bien déroulées. Chaque groupe a été reçu séparément avant une réunion commune destinée à faire la synthèse des échanges », a confié un membre de la coalition.
Ndayishimiye privilégie le dialogue
Au cœur des consultations figure la conviction du président burundais que la sortie de crise passe avant tout par un dialogue entre les différentes composantes de la société congolaise. En sa qualité de président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye estime que les divergences politiques doivent être résolues par la concertation plutôt que par la confrontation.
Selon les responsables de la C64, le chef de l’État burundais a réaffirmé sa volonté de contribuer personnellement à la recherche d’une solution durable aux tensions que connaît actuellement la RDC. « Lorsqu’il y a des problèmes, les parties doivent se parler. Pour lui, la solution passe par le dialogue », a résumé l’un des participants.
Une marche reportée au profit de la médiation
L’invitation adressée par Évariste Ndayishimiye a conduit la coalition C64 à modifier son calendrier politique. La grande marche initialement prévue le 8 juillet à Kinshasa et dans plusieurs villes du pays a été reportée au 22 juillet 2026. Cette manifestation vise à dénoncer un éventuel projet de révision de la Constitution que l’opposition considère comme une menace pour l’ordre constitutionnel.
La coalition explique avoir accepté de reporter cette mobilisation afin de répondre à l’invitation du président en exercice de l’Union africaine, estimant que toute initiative susceptible de favoriser une solution pacifique mérite d’être examinée. Elle affirme néanmoins qu’elle continuera à défendre « avec clarté et fermeté » les préoccupations qu’elle attribue au peuple congolais concernant la démocratie, les institutions et l’État de droit.
Un point de presse attendu à Kinshasa
C’est désormais à Kinshasa que se poursuivra cette nouvelle séquence politique. Les dirigeants de la C64 ont annoncé qu’ils animeront un point de presse dès jeudi afin de rendre compte du contenu des discussions de Bujumbura et de préciser leur lecture des recommandations formulées par le président burundais. Cette prise de parole permettra également de clarifier les prochaines étapes de leur stratégie politique après le report de la marche du 22 juillet.
Une médiation qui s’inscrit dans la continuité
L’initiative de Bujumbura prolonge les messages déjà portés par Évariste Ndayishimiye lors de sa récente visite officielle à Kinshasa. Aux côtés du président Félix Tshisekedi, il avait appelé les Congolais à préserver l’unité nationale, à renforcer la stabilité des institutions et à privilégier le dialogue face aux défis sécuritaires persistants dans l’est du pays.
En réaffirmant aujourd’hui cette approche auprès de l’opposition et des responsables religieux, le président en exercice de l’Union africaine cherche à rapprocher des acteurs aux positions souvent opposées, dans l’espoir de créer les conditions d’un dialogue politique plus inclusif.
Si les consultations de Bujumbura n’ont débouché sur aucun accord formel, elles ouvrent néanmoins une fenêtre de discussion dont les premières retombées seront scrutées avec attention lors du point de presse annoncé par la coalition C64, ainsi qu’à l’approche de la manifestation désormais programmée pour le 22 juillet.
La rédaction de b-onetv.cd


