La République démocratique du Congo a profité de sa présidence du Conseil de sécurité des Nations unies pour porter un message fort en faveur d’une prévention plus efficace des conflits. À New York, la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale, de la Francophonie et des Congolais de l’étranger, Thérèse Kayikwamba Wagner, a exhorté la communauté internationale à privilégier l’action en amont plutôt que la gestion des crises une fois qu’elles ont éclaté.
Intervenant lors du débat public consacré au renforcement des mécanismes de règlement pacifique des différends, la cheffe de la diplomatie congolaise a rappelé que les outils juridiques et diplomatiques existent déjà. Selon elle, le véritable défi réside désormais dans leur application cohérente et dans la volonté politique des États de les faire respecter. « La meilleure résolution d’un conflit est encore celle qui aura permis qu’il n’éclate jamais », a déclaré Thérèse Kayikwamba Wagner, résumant ainsi la vision défendue par la RDC devant les membres du Conseil de sécurité.
La ministre congolaise a articulé son plaidoyer autour de trois priorités majeures. Elle a d’abord appelé les Nations unies à faire de la prévention des conflits un véritable réflexe collectif, en utilisant plus systématiquement les mécanismes prévus par la Charte des Nations unies. Elle a ensuite insisté sur la nécessité d’assurer un meilleur suivi des résolutions adoptées par le Conseil de sécurité. Pour Kinshasa, une résolution ne peut produire des effets que si elle est accompagnée d’un mécanisme de mise en œuvre, de responsabilités clairement définies et d’une capacité à sanctionner le non-respect des engagements.
Enfin, Thérèse Kayikwamba Wagner a plaidé pour le renforcement des organes subsidiaires du Conseil de sécurité, des mécanismes de surveillance et des dispositifs de médiation, qu’elle considère comme des instruments indispensables pour prévenir durablement les conflits. La cheffe de la diplomatie congolaise a également mis en avant le rôle des organisations régionales, particulièrement en Afrique. Selon elle, la coopération entre les Nations unies et les organisations continentales permet d’agir plus rapidement, avec une meilleure connaissance des réalités locales et une plus grande efficacité dans la prévention des crises.
Elle a estimé que cette complémentarité constitue un levier essentiel pour renforcer l’architecture internationale de paix et de sécurité. Au-delà des principes généraux, l’intervention de Thérèse Kayikwamba Wagner trouve un écho particulier dans le contexte sécuritaire que traverse la République démocratique du Congo. Kinshasa continue de réclamer l’application effective de la résolution 2773 du Conseil de sécurité, qui condamne l’offensive du mouvement AFC/M23 dans l’est du pays, exige le retrait des forces rwandaises du territoire congolais et appelle à un cessez-le-feu immédiat.
Adoptée à l’unanimité sous le Chapitre VII de la Charte des Nations unies, cette résolution demeure, pour les autorités congolaises, un cadre juridique majeur. Toutefois, malgré son adoption et son intégration dans les discussions diplomatiques menées à Washington et à Doha, plusieurs de ses dispositions restent encore sans application concrète sur le terrain. Pendant ce temps, les combats se poursuivent dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, provoquant de nouveaux déplacements de populations, des pertes en vies humaines et une aggravation de la crise humanitaire.
À travers cette intervention, la RDC a voulu rappeler que la crédibilité du Conseil de sécurité ne se mesure pas uniquement au nombre de résolutions qu’il adopte, mais surtout à sa capacité à faire respecter les décisions qu’il prend. Pour Kinshasa, la prévention des conflits passe autant par une diplomatie proactive que par une mise en œuvre rigoureuse des engagements internationaux. Un message qui résonne avec l’expérience de la RDC, où les défis sécuritaires persistent malgré l’existence de nombreux instruments juridiques et diplomatiques destinés à rétablir une paix durable.
La rédaction de b-onetv.cd


