Après près de trente ans de surveillance renforcée, le Parc national de la Garamba franchit une étape historique. Réuni à Busan, en République de Corée, à l’occasion de sa 48ᵉ session, le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO a décidé, ce samedi 25 juillet, de retirer ce site congolais de la Liste du patrimoine mondial en péril, saluant les progrès accomplis dans la protection de sa biodiversité.
Cette décision constitue une victoire majeure pour la République démocratique du Congo et l’ensemble des acteurs engagés depuis plusieurs décennies dans la sauvegarde de l’un des plus anciens parcs nationaux d’Afrique. Le retrait de la Garamba de la liste des sites en péril traduit la confiance de l’UNESCO dans les mécanismes de gestion désormais mis en place pour préserver ce patrimoine naturel d’exception.
L’organisation estime que les menaces qui justifiaient son classement ont été suffisamment réduites grâce à des actions durables de protection, de surveillance et de restauration de l’écosystème. Cette décision récompense les efforts conjoints de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), de son partenaire African Parks, des écogardes ainsi que des communautés locales mobilisées pour préserver ce patrimoine mondial.
Inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1980, le Parc national de la Garamba avait été placé une première fois sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 1984, avant d’en être retiré en 1992 grâce aux progrès enregistrés dans la protection de la faune, notamment du rhinocéros blanc du Nord.
Cependant, l’intensification du braconnage et l’instabilité sécuritaire dans le nord-est de la RDC avaient conduit à sa réinscription en 1996. Durant plusieurs années, les activités de groupes armés, dont l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), ont lourdement affecté le parc, favorisant le massacre des éléphants, le trafic d’espèces protégées et la dégradation de nombreux habitats naturels.
La décision de l’UNESCO intervient plusieurs mois après le plaidoyer mené par le gouvernement congolais lors de la COP16 sur la biodiversité organisée en 2024 à Cali, en Colombie. Kinshasa avait alors présenté les résultats obtenus dans la restauration du parc et demandé officiellement son retrait de la liste des sites en péril. Les autorités avaient notamment mis en avant les avancées réalisées dans le cadre du partenariat entre l’ICCN et l’ONG African Parks, qui assure la gestion du parc depuis 2005.
Créé en 1928, le Parc national de la Garamba s’étend sur près de 5 000 kilomètres carrés dans la province du Haut-Uele, à proximité de la frontière avec le Soudan du Sud. Il est considéré comme l’un des sanctuaires naturels les plus précieux du continent africain. Le parc abrite une faune exceptionnelle composée notamment d’éléphants de savane, de girafes du Nord, d’hippopotames, de buffles, d’okapis ainsi que de rhinocéros blancs du Nord, une sous-espèce parmi les plus menacées au monde.
Ses vastes savanes, ses forêts-galeries et ses zones humides offrent un habitat unique à une biodiversité remarquable. Le retrait du Parc national de la Garamba de la Liste du patrimoine mondial en péril représente bien plus qu’une distinction symbolique. Il témoigne des progrès accomplis par la République démocratique du Congo dans la protection de son patrimoine naturel malgré un contexte sécuritaire longtemps difficile.
Cette reconnaissance internationale pourrait également renforcer l’attractivité du parc auprès des partenaires de conservation, des chercheurs et, à terme, du tourisme écologique, tout en encourageant la poursuite des efforts engagés pour préserver durablement l’un des trésors naturels les plus emblématiques de la RDC.
La rédaction de b-onetv.cd


