Un incendie s’est déclaré ce dimanche à la prison centrale de la Kasapa, à Lubumbashi, touchant le bloc réservé aux détenus malades. Rapidement maîtrisé par le service anti-incendie de la mairie, le sinistre n’a toutefois pas dissipé les interrogations sur ses causes, qui restent inconnues. Les autorités n’ont, à ce stade, communiqué aucun bilan officiel concernant d’éventuelles victimes ou blessés.

Selon Timothée Mbuya, président de Justicia ASBL, le bâtiment sinistré faisait l’objet de travaux de réhabilitation mais continuait d’abriter des détenus. Environ 300 prisonniers y étaient hébergés au moment de l’incendie. D’après cette organisation de défense des droits humains, il s’agit du bloc destiné aux détenus nécessitant des soins médicaux, une catégorie particulièrement vulnérable au sein de l’établissement pénitentiaire.
Au-delà du sinistre, cet incendie remet en lumière les difficultés persistantes auxquelles est confrontée la prison centrale de la Kasapa. Conçue pour accueillir un nombre limité de détenus, elle héberge aujourd’hui plus de 3 000 pensionnaires, selon les estimations de Justicia ASBL. Cette surpopulation chronique entraîne une promiscuité importante, complique la prise en charge sanitaire des détenus et accentue la pression sur des infrastructures déjà vieillissantes.

Depuis plusieurs années, les organisations de défense des droits humains alertent sur l’état de dégradation des bâtiments, l’insuffisance des moyens accordés à l’administration pénitentiaire ainsi que les conditions de vie difficiles dans plusieurs prisons de la République démocratique du Congo. Les bâtiments anciens ou en cours de réhabilitation sont régulièrement présentés comme des infrastructures à risque, nécessitant des investissements urgents afin de garantir la sécurité des détenus et du personnel pénitentiaire.
L’incendie survenu à la Kasapa relance ainsi le débat sur la modernisation du système carcéral congolais, alors que les autorités sont attendues pour faire toute la lumière sur les circonstances de ce sinistre et communiquer un bilan officiel de ses conséquences.
La rédaction de b-onetv.cd


