À quelques mois de la fin du second mandat d’António Guterres, la bataille diplomatique pour la direction de l’Organisation des Nations Unies (ONU) s’accélère. Alors que six personnalités sont officiellement en lice pour devenir le prochain Secrétaire général, la République démocratique du Congo occupe une place stratégique dans les consultations, en raison de son statut de membre non permanent du Conseil de sécurité et de sa présidence de cet organe au mois de juillet.
Les prétendants au poste sont Michelle Bachelet (Chili), María Fernanda Espinosa (Équateur), Rafael Grossi (Argentine), Rebeca Grynspan (Costa Rica), Carolyn Rodrigues-Birkett (Guyana) et Macky Sall (Sénégal). Tous ont récemment participé au Forum public de l’ONU : « Le prochain Secrétaire général », organisé par l’Assemblée générale, au cours duquel ils ont exposé leurs priorités et répondu aux questions des États membres et de la société civile.
La RDC, un partenaire diplomatique courtisé
En parallèle de cette étape publique, plusieurs candidats ont intensifié leurs contacts avec la diplomatie congolaise. Selon le ministère des Affaires étrangères, ces consultations se sont déroulées par l’intermédiaire de la Mission permanente de la RDC auprès des Nations Unies à New York. La ministre d’État en charge des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a notamment reçu Carolyn Rodrigues-Birkett, avec qui elle a échangé sur les grands défis qui attendent l’ONU.
Les discussions ont porté sur la réforme de l’Organisation, le maintien de la paix, le développement durable, ainsi que sur la nécessité de bâtir une institution plus efficace, plus inclusive et davantage adaptée aux réalités des États membres. Selon la diplomatie congolaise, ces échanges s’inscrivent dans la vision du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui privilégie une diplomatie fondée sur des résultats concrets et des partenariats équilibrés.
En marge du débat public de haut niveau organisé le 22 juillet par la RDC dans le cadre de sa présidence du Conseil de sécurité, Thérèse Kayikwamba Wagner s’est également entretenue avec Michelle Bachelet. Les deux responsables ont insisté sur le renforcement des capacités des Nations Unies en matière de prévention des conflits, de médiation, de protection des populations civiles et de promotion de l’inclusion.
La cheffe de la diplomatie congolaise a aussi rencontré Macky Sall, ancien président du Sénégal. Les discussions ont porté sur sa vision stratégique des Nations Unies, les réformes qu’il propose et les priorités qu’il entend défendre, notamment dans les domaines de la paix, du développement durable et du renforcement du multilatéralisme. Le futur Secrétaire général héritera d’une Organisation confrontée à des défis majeurs.
L’ONU doit composer avec la multiplication des conflits armés, les rivalités géopolitiques entre grandes puissances, les critiques récurrentes sur le fonctionnement du Conseil de sécurité ainsi qu’une crise financière qualifiée d’« existentielle » par plusieurs responsables de l’Organisation. Le prochain dirigeant sera ainsi appelé à restaurer la confiance des États membres, moderniser le système onusien et renforcer la crédibilité du multilatéralisme face aux crises mondiales.
Les candidatures ont été enregistrées entre la fin de l’année 2025 et le début de 2026, avant une première présentation officielle des programmes en avril dernier. La prochaine phase du processus reviendra au Conseil de sécurité, qui devra s’accorder sur un candidat avant de transmettre sa recommandation à l’Assemblée générale, appelée à procéder à la nomination. Si aucune disposition juridique n’impose une répartition régionale, la tradition de rotation géographique pourrait cette fois favoriser un candidat issu d’Amérique latine ou des Caraïbes, une région qui n’a plus dirigé l’Organisation depuis plusieurs décennies.
À la tête des Nations Unies depuis le 1er janvier 2017, António Guterres quittera officiellement ses fonctions le 31 décembre 2026, après deux mandats de cinq ans. Son successeur prendra les rênes de l’Organisation le 1er janvier 2027, à l’issue d’un processus diplomatique où chaque voix au sein du Conseil de sécurité pourrait peser lourd. Dans ce contexte, les consultations menées avec la RDC illustrent l’importance grandissante de la diplomatie congolaise sur la scène internationale et le rôle qu’elle entend jouer dans les grandes décisions qui façonneront l’avenir des Nations Unies.
La rédaction de b-onetv.cd


