Chaque 2 août, la République démocratique du Congo consacre une journée de recueillement à la mémoire des millions de femmes, d’hommes et d’enfants emportés par les guerres, les massacres, les violences sexuelles liées aux conflits et les crimes contre l’humanité qui ont endeuillé le pays. Instituée comme Journée nationale du Génocost, cette commémoration rappelle l’immense tribut humain payé par la nation congolaise au fil des décennies.
Le concept de Génocost, qui associe les termes « génocide » et « coût », met en lumière le prix humain des conflits ayant ravagé le territoire congolais. Il traduit également la volonté de voir reconnues les souffrances des populations civiles, dans un contexte où l’exploitation illicite des ressources naturelles est régulièrement présentée comme l’un des moteurs de l’instabilité persistante dans l’est de la RDC.
Cette journée porte une ambition claire : faire reconnaître le drame congolais, obtenir justice pour les victimes, mettre un terme à l’impunité et promouvoir des réparations à la hauteur des préjudices subis. Elle s’inscrit aussi dans une démarche de préservation de la mémoire collective, afin que les massacres perpétrés depuis les guerres de 1998 jusqu’aux violences plus récentes attribuées au M23 demeurent gravés dans l’histoire nationale et ne sombrent jamais dans l’oubli.
À l’occasion de cette commémoration, le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege a publié une déclaration appelant à transformer le souvenir des victimes en un engagement concret pour l’avenir. Rendant hommage à toutes les personnes touchées par les conflits, il invite les autorités congolaises ainsi que la communauté internationale à œuvrer pour une paix durable fondée sur la vérité, la justice, le respect de la souveraineté nationale et la fin de l’impunité.
Le médecin congolais plaide également pour l’édification d’un mémorial national destiné à perpétuer le souvenir des victimes, ainsi que pour la création d’un tribunal pénal spécial chargé de poursuivre les auteurs des crimes les plus graves commis en RDC. Selon lui, la mémoire n’a de véritable portée que lorsqu’elle conduit à des actes concrets capables de restaurer la dignité des survivants et de prévenir la répétition de telles atrocités.
À travers le Génocost, la République démocratique du Congo réaffirme que le souvenir des disparus constitue un devoir national. C’est aussi un appel à construire un avenir où la vérité est reconnue, où les victimes obtiennent justice et où la paix s’enracine durablement dans le respect des droits humains et de la dignité de chaque Congolais.
JK


