La publication du nouvel arrêté interministériel fixant les droits, taxes et redevances applicables aux activités numériques continue d’alimenter le débat en République démocratique du Congo. Alors que plusieurs entrepreneurs et acteurs de l’écosystème numérique dénoncent des charges jugées excessives, le gouvernement assure que les jeunes entreprises innovantes ne seront pas pénalisées et promet un dispositif spécifique en leur faveur.
Dans un communiqué officiel, le ministère de l’Économie numérique précise que l’arrêté du 20 juillet 2026 ne remet pas en cause la politique gouvernementale de promotion de l’entrepreneuriat congolais. Le ministère rappelle que le Code du numérique reconnaît déjà aux startups bénéficiant du statut d’entreprenant l’accès à des avantages fiscaux, parafiscaux, douaniers et de change.
Les autorités annoncent ainsi que les modalités particulières applicables aux startups seront précisées prochainement à travers les textes d’application de l’ordonnance-loi relative à la promotion de l’entrepreneuriat et des startups. Une mise au point destinée à rassurer un secteur qui redoute un ralentissement de la dynamique d’innovation.
Le texte signé conjointement par les ministres de l’Économie numérique et des Finances instaure un cadre tarifaire pour un large éventail d’activités numériques. Il concerne notamment les centres de données, les services d’hébergement web, le cloud computing, les plateformes numériques, les réseaux sociaux, les services de streaming, les fintechs, les marketplaces, l’e-learning, l’e-santé, l’e-transport ainsi que les prestataires de services numériques de confiance.
Les montants varient selon la nature de l’activité et le profil de l’opérateur. La déclaration d’une application développée par une startup congolaise est fixée à 100 dollars, tandis que certaines autorisations peuvent atteindre plusieurs milliers de dollars. Les centres de données sont soumis aux redevances les plus élevées, avec des droits pouvant aller jusqu’à 100 000 dollars selon leur catégorie. Le dispositif prévoit également des pénalités en cas de défaut de déclaration, de retard ou d’exercice sans autorisation.
Ces nouvelles dispositions ont rapidement suscité des réactions. Parmi les voix les plus critiques figure celle de l’opposant Martin Fayulu, qui estime que ces redevances risquent de freiner l’essor de l’économie numérique congolaise. Selon lui, imposer des coûts importants à des startups parfois encore dépourvues de revenus revient à décourager l’innovation, la création d’emplois et l’investissement dans un secteur considéré comme stratégique pour l’avenir du pays. Il appelle le gouvernement à revoir l’arrêté et à engager un dialogue avec les professionnels du numérique.
Ce débat met en évidence le délicat équilibre entre la volonté de mieux encadrer un secteur en pleine expansion et la nécessité de préserver un environnement favorable à l’innovation. Pour de nombreux observateurs, le succès de cette réforme dépendra largement des mesures d’application annoncées par le gouvernement et de leur capacité à protéger les jeunes entreprises technologiques, tout en garantissant une régulation efficace du marché numérique congolais.
JK


