Le silence s’est imposé comme le langage le plus puissant. Ce dimanche 2 août, le site mémoriel du GENOCOST, à Kinshasa, est devenu le théâtre d’un hommage national dédié aux millions de Congolais victimes des conflits armés, des massacres et des violences alimentés par l’exploitation illicite des ressources naturelles de la République démocratique du Congo.

Le Président de la République, Félix Tshisekedi, accompagné de la Première Dame, Denise Nyakeru Tshisekedi, a présidé cette cérémonie de commémoration instituée en mémoire des victimes du « génocide congolais pour des gains économiques ». Aux côtés des autorités politiques, diplomatiques, religieuses et de nombreux citoyens, le Chef de l’État a réaffirmé l’importance de préserver la mémoire collective et de poursuivre la quête de justice, de réparation et de paix.
L’instant le plus bouleversant de cette cérémonie est venu du témoignage de John, survivant des violences qui ravagent l’est de la RDC. Son récit, empreint de douleur et de dignité, a replongé l’assistance dans la réalité des drames humains vécus depuis des décennies. L’émotion était palpable. La Première Dame et la Première ministre, Judith Suminwa, n’ont pu retenir leurs larmes, traduisant la profondeur du choc suscité par cette parole venue du cœur des victimes.

La commémoration a également été marquée par un symbole d’une grande force. Une paire de sandales de femme, déposée sur une chaise laissée volontairement vide, aux côtés d’une bougie allumée, rappelait l’absence de celles et ceux que les guerres ont arrachés à leurs familles. Un geste chargé de sens, destiné à incarner ces millions de vies brisées et à rappeler que derrière chaque statistique se cache une histoire, un visage et une famille à jamais meurtris.
Plus qu’une cérémonie officielle, le GENOCOST s’affirme progressivement comme un rendez-vous de mémoire nationale. Il porte la volonté de faire reconnaître le lourd tribut payé par le peuple congolais, de lutter contre l’oubli et de maintenir vivante l’exigence de vérité, de justice et de réparation.

À travers cette journée de recueillement, la République démocratique du Congo rappelle que la mémoire des victimes demeure un devoir collectif. Elle constitue également un engagement à poursuivre les efforts pour qu’un tel drame ne se reproduise jamais et que la paix s’enracine durablement sur toute l’étendue du territoire national.
Junior Kulele


