La vigilance sanitaire est montée d’un cran à Kinshasa. Un bateau en provenance de Kisangani, faisant l’objet d’un traçage épidémiologique après un décès suspect lié à la maladie à virus Ebola survenu durant la traversée, a accosté ce mercredi matin au port de Maluku sous un important dispositif de sécurité et de contrôle sanitaire.
Transportant près de 200 passagers, l’embarcation a été escortée jusqu’au quai par la Force navale congolaise afin de permettre aux équipes sanitaires de prendre le contrôle de la situation dès son arrivée. L’objectif est d’identifier les personnes ayant été en contact avec la victime et de prévenir tout risque de propagation du virus vers la capitale.
À Maluku, les autorités ont rapidement déployé un dispositif exceptionnel. Des tentes de triage et de prise en charge ont été installées pour accueillir les voyageurs, tandis que des espaces d’isolement ont été aménagés pour les personnes nécessitant une évaluation médicale. Un important dispositif policier encadre également les opérations afin de garantir le bon déroulement des interventions.
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) accompagne cette opération en appui au ministère de la Santé. L’agence des Nations unies indique avoir renforcé les capacités de préparation au point d’entrée de Maluku afin de permettre une riposte rapide en cas de confirmation de nouveaux cas liés à la souche Bundibugyo du virus Ebola.
Selon le dernier rapport du Centre des opérations d’urgence de santé publique (COUSP), couvrant la situation au 3 août, les autorités ont recommandé le traçage du décès enregistré à bord d’un bateau ayant quitté Kisangani entre le 19 et le 21 juillet. Le document fait également état de difficultés persistantes dans la riposte, notamment le refus de collaboration de certains contacts à haut risque dans la province de la Tshopo ainsi que des tensions sur les stocks d’équipements de protection individuelle et de matériel de laboratoire.
À ce stade, les autorités sanitaires n’ont communiqué ni le nom de l’embarcation, ni son itinéraire détaillé, encore moins le nombre exact de personnes considérées comme contacts du cas décédé. Aucun élément ne permet non plus d’établir un lien avec une éventuelle transmission de la maladie vers d’autres provinces. Épicentre actuel de cette flambée, la province de la Tshopo comptabilise sept cas confirmés de maladie à virus Ebola, dont cinq décès. Aucun nouveau cas n’a toutefois été enregistré au cours des dernières vingt-quatre heures, selon les autorités sanitaires.
Face à cette menace, les experts rappellent que la forte mobilité des populations, particulièrement le long des axes fluviaux, demeure l’un des principaux facteurs de risque de propagation. D’où l’intensification des contrôles aux ports, aux points d’entrée stratégiques et le renforcement de la coordination entre les services sanitaires, les autorités locales et les partenaires internationaux afin de contenir rapidement toute éventuelle chaîne de transmission.
La rédaction de b-onetv.cd


