À deux ans de la fin du second et dernier mandat de Félix Tshisekedi, Augustin Kabuya monte au créneau pour défendre le bilan du pouvoir en place et rappeler que sa responsabilité ne saurait être attribuée au seul parti présidentiel. Le secrétaire général et président a.i. de l’UDPS/Tshisekedi estime que l’ensemble de l’Union sacrée de la nation doit assumer collectivement les résultats de la gouvernance actuelle.
S’exprimant vendredi 7 août devant les cadres et militants de son parti, Augustin Kabuya a insisté sur la nature coalitionnelle du pouvoir. « Ce régime ne relève pas exclusivement de l’UDPS/Tshisekedi. Nous sommes dans une coalition », a-t-il déclaré. Pour étayer sa position, le dirigeant de l’UDPS s’est référé à l’article 78 de la Constitution, qu’il présente comme consacrant la nécessité d’une politique de coalition dans la gestion du pouvoir.
Il rappelle notamment l’expérience de la coalition FCC-CACH, qui avait réuni, au début du premier mandat de Félix Tshisekedi, le camp présidentiel et le Front commun pour le Congo de Joseph Kabila. Selon lui, présenter les éventuelles difficultés du pouvoir comme étant exclusivement celles de l’UDPS constitue une lecture erronée de la réalité politique. « Si vous voulez qu’on accepte que c’est le régime de l’UDPS, que tous les animateurs des institutions acceptent de céder leurs postes aux membres de l’UDPS », a-t-il lancé devant les militants.
Augustin Kabuya rejette également l’idée selon laquelle son parti reconnaîtrait un échec du régime. Il affirme que des réalisations ont été enregistrées malgré la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo. Le responsable de l’UDPS attribue notamment les difficultés rencontrées par le gouvernement au contexte de guerre qu’il affirme être imposé à la RDC par le Rwanda.
Il invite par ailleurs l’opinion à procéder à une comparaison entre les réalisations du pouvoir actuel et celles des régimes précédents, estimant que cette mise en perspective permettrait de mieux apprécier le bilan de Félix Tshisekedi. Plaidoyer pour une modification de l’article 96
Au cours de la même intervention, Augustin Kabuya a également réaffirmé son souhait de voir l’article 96 de la Constitution revisité.
Cette disposition prévoit notamment l’incompatibilité entre les fonctions de chef de l’État et toute responsabilité au sein d’un parti politique. Pour le président a.i. de l’UDPS, cette limitation devrait être supprimée afin de permettre au président de la République de maintenir un lien institutionnel plus direct avec sa formation politique. « Une fois au référendum, nous allons remettre le président de la République proche de son parti », a-t-il projeté.
Il estime qu’une modification de cette disposition permettrait notamment au chef de l’État de participer aux réunions de son parti. « Si on touche à cette barrière, on verra le président de la République être dans nos réunions », a-t-il ajouté. À travers ces déclarations, Augustin Kabuya défend ainsi une double ligne : préserver l’image de l’UDPS face aux critiques sur le bilan du pouvoir et préparer, au sein du parti présidentiel, une réflexion sur l’évolution du cadre constitutionnel.
À deux ans de l’échéance du second mandat de Félix Tshisekedi, ces prises de position pourraient alimenter davantage le débat sur la responsabilité politique de l’Union sacrée et sur l’avenir institutionnel du pays.


