Un an après la signature de l’Accord de Washington entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, le processus de paix donne des signes d’essoufflement. Le dernier baromètre de suivi maintient le taux global de mise en œuvre à 35 %, identique à celui enregistré fin juin, confirmant une stagnation des engagements malgré les multiples initiatives diplomatiques.
Sur les trente actions prévues par l’accord, aucune avancée majeure n’a été enregistrée en juillet. La RDC conserve un niveau d’exécution de 31,7 %, le Rwanda 30,6 %, tandis que la communauté internationale demeure la plus active avec 53,5 %. Ces chiffres traduisent un paradoxe : la diplomatie continue d’avancer, mais les engagements les plus sensibles restent bloqués.
Le principal obstacle demeure la question sécuritaire. Kinshasa met en avant la signature d’un protocole sur le désarmement, la démobilisation et le cantonnement des FDLR, estimant avoir franchi une étape importante. Kigali, pour sa part, considère que la neutralisation effective de ce groupe armé doit précéder tout retrait de ses forces du territoire congolais. Cette divergence d’interprétation continue de freiner l’application de l’accord.
Le processus de Doha apporte néanmoins quelques signaux encourageants. Le transfert, le 7 août, de quinze personnes libérées par les autorités congolaises vers l’AFC/M23, sous la facilitation du Comité international de la Croix-Rouge, constitue la première opération de ce type depuis la signature du mécanisme. Un geste humanitaire qui pourrait contribuer à restaurer la confiance, même si son impact politique demeure limité.
Parallèlement, Kinshasa dénonce les difficultés rencontrées dans le déploiement du Mécanisme conjoint élargi de vérification (EJVM+), après l’expulsion d’un officier des FARDC des zones contrôlées par l’AFC/M23. Pour le gouvernement, ces incidents fragilisent le respect du cessez-le-feu et ralentissent davantage le processus de paix. Au-delà de sa dimension sécuritaire, l’Accord de Washington répond également à une logique géostratégique.
Pour les États-Unis, il devait créer un environnement favorable aux investissements dans les minerais stratégiques de la RDC. Pour Kinshasa, ces ressources devaient renforcer le soutien américain face au Rwanda, tandis que Kigali voyait surtout dans l’accord une réponse aux pressions diplomatiques de Washington. Cette différence de perception explique en grande partie les difficultés actuelles.
Malgré les protocoles signés, les gestes humanitaires et les pressions internationales, la paix tarde à produire des effets concrets sur le terrain. Plus qu’un manque d’accords, c’est l’absence de confiance entre les parties qui constitue aujourd’hui le principal frein à une stabilisation durable de l’est de la République démocratique du Congo.
Junior Kulele


