Le protocole signé entre les autorités congolaises et une faction des FDLR sur le désarmement, la démobilisation et le cantonnement constitue désormais une étape actée. Mais pour les partenaires internationaux de la République démocratique du Congo, l’essentiel commence maintenant.
Les États-Unis, la France, la Belgique, le Canada, le Danemark, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède, la Suisse, le Royaume-Uni et l’Union européenne, réunis au sein du Groupe international de contact pour les Grands Lacs, demandent à Kinshasa de passer rapidement de l’engagement politique à sa mise en œuvre effective.
Dans leur prise de position, ces partenaires appellent le gouvernement congolais à élaborer dans les meilleurs délais un plan opérationnel accompagné d’un calendrier réaliste, destiné à assurer la neutralisation effective des FDLR, conformément aux engagements pris dans le cadre des accords de Washington.
L’objectif affiché est d’éviter que le protocole reste une simple déclaration d’intention. Sa mise en œuvre devra, selon eux, permettre de mesurer concrètement les progrès accomplis en matière de désarmement, de démobilisation et de cantonnement des combattants concernés. Autre exigence : la clarification des mécanismes de lutte contre l’impunité évoqués dans le protocole.
Les onze partenaires souhaitent que les autorités congolaises précisent les dispositifs prévus pour traiter les cas liés aux personnes soupçonnées de crimes graves. Ils encouragent également Kinshasa à travailler étroitement avec la MONUSCO, considérée comme un acteur important dans l’accompagnement de la mise en œuvre du protocole.
Le Groupe international de contact adresse également un avertissement clair concernant les relations entre les forces ou structures congolaises et les FDLR. Toute « colocalisation ou collaboration opérationnelle » avec des éléments de ce mouvement est jugée fondamentalement incompatible avec les engagements souscrits dans le cadre des accords de Washington.
Cette mise en garde traduit la volonté des partenaires internationaux de voir la question des FDLR traitée de manière cohérente avec les engagements sécuritaires et diplomatiques pris par Kinshasa. Dans le même temps, le communiqué se montre plus positif concernant le processus de Doha entre Kinshasa et l’AFC/M23.
Le Groupe international de contact considère l’accord conclu sur la question des prisonniers comme une mesure « vitale » pour contribuer à réduire les tensions et instaurer davantage de confiance entre les parties. Le récent transfert, facilité par le Comité international de la Croix-Rouge, de personnes libérées par Kinshasa vers l’AFC/M23 est ainsi présenté comme « un pas dans la bonne direction ».
Avec cette prise de position, le message des partenaires internationaux apparaît clair : la signature du protocole sur les FDLR ne constitue pas l’aboutissement du processus, mais le début d’une phase d’exécution. Kinshasa est désormais attendu sur trois fronts : un calendrier crédible, des mécanismes opérationnels clairement définis et des résultats vérifiables sur le terrain.
Le protocole est donc acté.
Reste désormais à démontrer sa capacité à produire des effets concrets sur la sécurité dans l’Est de la RDC et à répondre aux engagements pris dans le cadre des processus de Washington et de Doha.
La rédaction de b-onetv.cd


