Derrière ce nom qui prête à sourire se cache un phénomène qui, lui, n’a absolument rien de drôle. « Mpuku amemi congélateur », cette mystérieuse mixture consommée par certains jeunes, inquiète et pose de sérieuses questions de santé publique.
À Kinshasa, le nouveau mot circule plus vite qu’une rumeur un lundi matin. « Mpuku amemi congélateur ». Un nom presque digne d’un concours de créativité populaire. Mais derrière cette appellation pour le moins pittoresque se cacherait une pratique beaucoup moins amusante : la consommation d’un mélange dont les effets peuvent laisser les jeunes complètement hors service.
Selon plusieurs témoignages, la recette serait aussi simple que dangereuse. Un produit pharmaceutique, dont l’identification officielle reste à établir, serait mélangé à des jus conditionnés dans des bouteilles en plastique. Le cocktail est ensuite consommé comme s’il s’agissait d’une banale boisson alcoolisée. Et c’est là que le scénario change de ton.
Quand le corps passe en « mode avion »
Après consommation, certains perdraient pratiquement tout contrôle de leurs facultés. Certains restent debout, mais semblent avoir quitté la conversation depuis longtemps. Le corps est là, mais le pilote paraît avoir pris congé. D’autres s’endorment brutalement, tandis que certains éprouvent de grandes difficultés à contrôler leurs mouvements. Bref, ce qui est présenté comme une boisson pour « s’amuser » pourrait transformer une soirée en véritable descente aux enfers. Le nom fait rire, les effets beaucoup moins.
Une bouteille qui ne dit pas tout
Le problème est aussi l’incertitude qui entoure la composition exacte de cette mixture. Pour l’heure, l’identité du produit pharmaceutique utilisé et les quantités incorporées restent à déterminer officiellement. Or, en matière de substances ingérées, jouer à l’apprenti chimiste avec une bouteille en plastique n’est certainement pas une expérience à tenter à la maison. Un médicament n’est pas un ingrédient de cocktail. Et une boisson qui provoque une perte de conscience ou des troubles importants du comportement n’est pas un simple « petit mélange maison ».
Le danger derrière le buzz
Le phénomène inquiète d’autant plus qu’il semble toucher une population jeune, particulièrement exposée aux tendances qui se propagent rapidement dans les quartiers et sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, une bouteille circule. Demain, une vidéo devient virale. Et après-demain, tout le monde connaît la « recette », sans que personne ne sache réellement ce qu’elle contient.
C’est ainsi qu’un phénomène peut passer du statut de curiosité à celui de problème de santé publique. Les conséquences pourraient être graves : intoxications, pertes de connaissance, accidents, violences, voire complications médicales liées au mélange de substances dont les interactions sont inconnues.
Il est temps de refroidir la bouteille
Face à cette situation, les autorités sanitaires doivent rapidement identifier les produits utilisés et déterminer les risques liés à leur consommation. Les services de sécurité, les parents, les éducateurs et les acteurs communautaires ont également un rôle à jouer dans la sensibilisation des jeunes. Car si « Mpuku amemi congélateur » fait actuellement sourire par son nom, il ne faudrait pas attendre que les urgences hospitalières deviennent le véritable congélateur de cette histoire.
Derrière chaque bouteille, il y a un jeune. Et derrière chaque jeune, une vie qui ne mérite pas d’être mise en jeu pour quelques minutes d’euphorie. La fête peut être bruyante, la jeunesse peut aimer les nouvelles tendances. Mais lorsqu’un mélange fait perdre à quelqu’un le contrôle de son propre corps, ce n’est plus une tendance : c’est un signal d’alarme.
JK


