Entre Félix Tshisekedi et Brice-Clotaire Oligui Nguema, le rapprochement se veut désormais concret. En visite à Libreville, le président congolais et son homologue gabonais ont posé les bases d’un partenariat davantage tourné vers les investissements, la circulation des personnes et la transformation locale des ressources africaines. Arrivé samedi 15 août à l’invitation du président Brice-Clotaire Oligui Nguema, Félix Tshisekedi effectue une visite de travail et d’amitié placée sous le signe du renforcement des relations bilatérales.

Après les honneurs protocolaires à l’aéroport international Léon-Mba, les deux chefs d’État se sont retrouvés au Palais de la Rénovation pour un entretien en tête-à-tête. Au menu : l’état des relations entre les deux pays, les perspectives économiques et plusieurs enjeux d’intérêt régional. Mais cette rencontre ne s’est pas limitée aux déclarations de principe.
Trois instruments de coopération ont été signés, donnant une traduction concrète aux ambitions affichées par Kinshasa et Libreville. Il s’agit d’un mémorandum prévoyant des consultations politiques et diplomatiques régulières, d’un accord d’exemption réciproque de visas et d’un accord général de coopération. La suppression des visas constitue notamment un signal fort pour rapprocher les populations et faciliter les déplacements.

Sur le terrain économique, les deux présidences souhaitent également encourager les investissements croisés, rapprocher les opérateurs privés et stimuler les échanges commerciaux. Un autre axe majeur du rapprochement concerne les ressources naturelles. Les deux pays partagent la même ambition : sortir progressivement du modèle qui consiste à exporter les matières premières sans suffisamment les transformer localement.
Bois, minerais et autres ressources doivent, selon cette vision, alimenter davantage des chaînes industrielles installées sur le continent. Une stratégie censée générer plus de valeur ajoutée, créer des emplois et accélérer l’industrialisation africaine. C’est précisément sur ce terrain que le Gabon entend montrer son expérience à la délégation congolaise. Félix Tshisekedi doit notamment visiter la Zone économique spéciale de Nkok, un site consacré à la transformation industrielle du bois.

Pour Kinshasa, cette immersion pourrait servir de laboratoire grandeur nature : observer le modèle gabonais, identifier les pratiques transposables et explorer de futurs projets industriels communs. La rencontre a également pris une dimension diplomatique. Brice-Clotaire Oligui Nguema a annoncé le soutien de son pays à la candidature de Juliana Amato Lumumba au poste de secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie.
Cette position place le Gabon aux côtés de Kinshasa dans une compétition diplomatique où figure notamment la Rwandaise Louise Mushikiwabo, candidate à sa propre succession. Entre diplomatie, économie et circulation des personnes, la visite présidentielle congolaise dessine ainsi un partenariat qui cherche à dépasser les relations protocolaires.
Et le choix du moment n’est pas anodin : la visite intervient à quelques jours de la célébration de l’indépendance du Gabon, le 17 août 1960. Soixante-six ans après l’accession du pays à la souveraineté, Libreville veut afficher une relation africaine davantage fondée sur les intérêts communs et les partenariats économiques. Pour Kinshasa comme pour Libreville, le pari est désormais de transformer les engagements signés en projets concrets.
La rédaction de b-onetv.cd


