Sur les réseaux sociaux congolais, les mots pourraient désormais coûter cher. Le procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu, demande aux officiers de police judiciaire de traquer les auteurs d’insultes et d’injures en ligne et de les déférer devant la justice selon la procédure de flagrance.
Le temps où l’écran servait de bouclier pourrait toucher à sa fin. Le parquet général près la Cour de cassation hausse le ton face à la multiplication des propos injurieux et insultants sur les réseaux sociaux. Dans une instruction adressée ce lundi aux officiers de police judiciaire, le procureur général Firmin Mvonde Mambu leur demande de rechercher systématiquement les personnes qui se rendent coupables de ces faits et de les conduire devant la justice conformément aux dispositions du Code du numérique.
La consigne est claire : les réseaux sociaux ne doivent pas devenir une zone de non-droit où l’anonymat, le pseudonyme ou la distance derrière un écran offriraient une quelconque immunité. L’instruction du procureur général insiste particulièrement sur la procédure de flagrance. Les auteurs présumés des infractions constatées devront ainsi être recherchés et déférés conformément aux mécanismes prévus par la loi.
Une manière de rappeler que derrière chaque publication, commentaire ou message peut se trouver une responsabilité juridique. Le téléphone portable devient alors non seulement une fenêtre ouverte sur le monde, mais aussi, potentiellement, une pièce à conviction. Cette offensive judiciaire intervient dans un climat numérique de plus en plus tendu, marqué par la multiplication des insultes, attaques personnelles, campagnes de dénigrement et autres dérapages verbaux qui se propagent à grande vitesse sur les plateformes sociales.
Le rappel à l’ordre pose également une question plus large : comment protéger la liberté d’expression tout en sanctionnant les abus ? La frontière entre critique, opinion et injure peut parfois être mince, particulièrement dans un espace numérique où la colère se transforme rapidement en publication et où un simple commentaire peut faire le tour de la toile en quelques minutes.
Pour le parquet, le principe semble désormais établi : la liberté d’expression protège la parole, mais elle ne transforme pas l’insulte en droit.
Reste à voir comment cette instruction sera appliquée sur le terrain et surtout comment les autorités judiciaires distingueront les critiques légitimes des infractions effectivement prévues par la législation numérique. Une chose est certaine : sur les réseaux sociaux congolais, le clavier n’est plus seulement un outil de publication. Il peut désormais devenir le point de départ d’une procédure judiciaire.
La rédaction de b-onetv.cd


