De passage en Tanzanie pour une visite de travail de deux jours, Félix Tshisekedi a placé la coopération économique et la transformation locale des ressources au cœur de ses échanges avec Samia Suluhu Hassan. À Dar es-Salaam, le président congolais défend une Afrique capable de produire, transformer et créer de la richesse sur son propre sol.
La rencontre entre Félix Tshisekedi et Samia Suluhu Hassan ne s’est pas limitée aux traditionnelles consultations diplomatiques. Entre Kinshasa et Dodoma, les discussions ont ouvert une réflexion plus large sur l’avenir économique du continent, ses ressources et sa capacité à sortir du modèle d’exportation des matières premières.
En visite de travail en Tanzanie depuis lundi 17 août, le président congolais a notamment insisté sur un changement de paradigme : transformer les richesses africaines en Afrique, plutôt que de les exporter à l’état brut avant de les racheter sous forme de produits finis. « Nous en avons assez de servir de terre d’extraction », a déclaré Félix Tshisekedi, appelant les pays africains à capter davantage de valeur ajoutée à partir de leurs ressources minières et agricoles.
Pour le chef de l’État congolais, cette transformation constitue à la fois un enjeu économique et social. Elle doit permettre de développer des chaînes de valeur locales, de stimuler l’emploi et d’offrir davantage de perspectives à une jeunesse africaine confrontée au chômage et au manque d’opportunités. Mais cette ambition passe par des investissements lourds. Routes, ports, ponts, réseaux électriques : Félix Tshisekedi considère les infrastructures comme l’un des principaux leviers de l’industrialisation du continent.
L’énergie occupe une place particulière dans cette équation. Le président congolais a ainsi plaidé pour la multiplication des centrales électriques et des installations photovoltaïques afin d’accroître l’accès à l’énergie et d’accompagner le développement industriel. « Il y a du travail », a-t-il reconnu, tout en affichant sa volonté de voir les États africains accélérer leurs efforts pour améliorer les conditions de vie des populations.
Cette transformation, Kinshasa entend également la construire avec ses partenaires internationaux. Félix Tshisekedi a cité les États-Unis, la Chine et l’Europe, estimant que ces partenaires peuvent accompagner l’Afrique dans la création de chaînes de valeur locales, à condition que les relations économiques évoluent vers davantage de transformation et d’investissement sur le continent. Derrière cette vision économique se dessine aussi une volonté de renforcer les liens entre Kinshasa et Dodoma.
Les deux pays entretiennent une coopération dans plusieurs secteurs, notamment le commerce, les investissements, les infrastructures, l’énergie, les finances et la sécurité. Le volet régional occupe également une place importante. La RDC et la Tanzanie appartiennent à la fois à la Communauté d’Afrique de l’Est et à la SADC, deux espaces d’intégration qui placent les questions économiques et sécuritaires au centre de leurs priorités.
Félix Tshisekedi a par ailleurs renouvelé son soutien à Samia Suluhu Hassan. Il a expliqué n’avoir pu participer à son investiture en raison d’un changement de dernière minute dans son agenda, tout en affirmant lui avoir exprimé son soutien à distance. Le président congolais a enfin insisté sur la solidarité entre les deux peuples face aux défis sécuritaires de la région. Pour Kinshasa, la stabilité de la Tanzanie et celle de la RDC participent d’un même impératif : construire un environnement régional favorable au développement.
Cette visite de deux jours apparaît ainsi comme un rendez-vous à la fois diplomatique, économique et régional. Entre Kinshasa et Dodoma, l’objectif affiché est désormais de transformer les relations de bon voisinage en un partenariat davantage tourné vers les investissements, l’énergie, les infrastructures et la création de valeur. Pour Félix Tshisekedi, le message est clair : l’Afrique ne doit plus seulement posséder ses richesses ; elle doit aussi apprendre à les transformer, à les valoriser et à en faire le moteur de son propre développement.
La rédaction de b-onetv.cd


