Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) a rendu public son dernier rapport d’évaluation couvrant le mois de juin 2026. Le document dresse un constat particulièrement préoccupant en documentant 657 violations et atteintes aux droits humains sur l’ensemble du territoire, marquant une détérioration de 33 % par rapport aux 481 cas enregistrés le mois précédent. Au total, ces abus ont directement touché 1 187 personnes à travers le pays.
Sans surprise, l’Est du pays demeure l’épicentre de cette crise humanitaire où l’insécurité chronique pèse lourdement sur les populations civiles. Les groupes armés non étatiques, notamment l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), les ADF et diverses milices Wazalendo, sont responsables de la majorité absolue des exactions recensées, incluant assassinats, enlèvements et pillages.
Dans ces zones de conflit, le rapport note également une recrudescence des violences sexuelles liées aux hostilités, avec 46 cas touchant 73 victimes, le Nord-Kivu concentrant à lui seul près de trois quarts de ces exactions. En dehors du théâtre des opérations militaires, les analystes de l’ONU relèvent un durcissement net de la pression sur les acteurs politiques, civils et médiatiques. Le BCNUDH a recensé 17 violations directes de l’espace civique en juin contre 6 en mai, ayant fait 68 victimes.
Cette augmentation est principalement attribuée aux interventions des forces de l’ordre face aux mobilisations publiques suscitées par le débat sur le projet de révision constitutionnelle, entraînant des détentions arbitraires et des menaces contre plusieurs journalistes et défenseurs des droits humains. Sur le plan de la lutte contre l’impunité, le BCNUDH salue néanmoins l’activité des juridictions militaires congolaises qui ont mené 12 procédures contre des membres des FARDC et des miliciens locaux.
L’ensemble des prévenus ont été condamnés pour des griefs liés aux violations des droits humains, incluant cinq peines de capitale prononcées à l’encontre de quatre militaires et d’un combattant affilié aux Wazalendo. En dépit de ces avancées judiciaires, l’ONU réitère son appel aux autorités pour accentuer la protection des civils et garantir le respect des libertés fondamentales.
Danny Ngubaa Yambushi


