Annoncée depuis 2023, la réouverture de l’ambassade d’Israël à Kinshasa et le transfert de la représentation congolaise à Jérusalem restent toujours au stade des consultations. Une lenteur qui interroge sur la portée concrète du rapprochement entre les deux pays.
Trois ans après les premières annonces, la RDC et Israël n’ont toujours pas franchi l’étape décisive de la mise en œuvre de leurs projets diplomatiques. À l’issue de la rencontre entre Félix Tshisekedi et Benjamin Netanyahu, le 1er septembre 2026 à Jérusalem, les deux pays ont simplement réaffirmé leur volonté de poursuivre les consultations, sans annoncer de calendrier précis.
En 2023 déjà, le principe semblait pourtant établi : Israël devait rouvrir une ambassade résidente à Kinshasa, tandis que la RDC envisageait de transférer son ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem. Trois ans plus tard, le dossier reste donc suspendu aux discussions diplomatiques.
Pour autant, le rapprochement n’est pas resté sans signes visibles. Depuis 2020, Kinshasa cherche à renforcer ses relations avec Israël. La visite du président Isaac Herzog en RDC en novembre 2025 avait donné un nouvel élan à cette dynamique. Les deux pays ont depuis évoqué plusieurs domaines de coopération : sécurité, agriculture, eau, santé, infrastructures, technologies et investissements.
Mais le véritable enjeu se trouve désormais dans le passage des annonces aux résultats. La RDC attend notamment des partenariats capables de répondre à ses besoins en matière d’agriculture, d’énergie, de technologies et de formation. Or, à ce stade, aucun grand contrat ni engagement financier précis n’a été publiquement annoncé à l’issue de la visite présidentielle de septembre.
Le dossier des ambassades constitue également un test de crédibilité. Tant que les consultations se poursuivent sans échéance, le rapprochement RDC-Israël demeure davantage une orientation diplomatique qu’un partenariat pleinement opérationnel. Après trois années d’annonces, 2026 pourrait ainsi être l’année où Kinshasa et Tel-Aviv devront transformer leur proximité politique en décisions concrètes.
JK


