La fête s’est transformée en cauchemar. À Lingwala, dans le cœur de Kinshasa, un mariage organisé dans la salle Panacée a viré au drame après le déclenchement d’un incendie. Dans la fumée, la panique et la bousculade, plusieurs personnes ont perdu la vie et d’autres ont été blessées. Quelques heures après le drame, les autorités congolaises passent à l’action.
Le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a instruit les gouverneurs de province de procéder sans délai à un contrôle général des salles de fête et autres espaces destinés à accueillir du public. Le message est clair : les établissements qui ne respectent pas les normes de sécurité devront être fermés.
À Kinshasa, les premières constatations réalisées sur le site de Panacée soulèvent déjà de sérieuses interrogations. Selon le bourgmestre de Lingwala, la salle ne disposait pas d’une véritable issue de secours et plusieurs normes de sécurité n’auraient pas été respectées. Dans un lieu où plusieurs dizaines, voire centaines de personnes peuvent se retrouver enfermées simultanément, l’absence d’une sortie de secours peut transformer un simple départ de feu en piège mortel.
Le drame de Panacée remet ainsi sur la table une question longtemps reléguée au second plan : dans quelles conditions les Congolais font-ils la fête ? Mariages, anniversaires, concerts, cérémonies religieuses, soirées privées ou événements populaires : Kinshasa compte une multitude de salles et espaces aménagés pour accueillir du public. Mais combien disposent réellement d’extincteurs fonctionnels, d’issues de secours clairement identifiées, de systèmes d’alerte, de plans d’évacuation ou encore d’un personnel formé aux premiers gestes en cas d’incendie ?
Le gouvernement veut désormais disposer d’un état des lieux. Les contrôles devront être menés avec l’appui de la Direction générale de la protection civile et des services de sécurité. À Kinshasa, un rapport est attendu dans un délai de quinze jours. L’annonce de ces contrôles intervient alors que les circonstances exactes de l’incendie restent à établir. Une enquête est en cours et la police technique et scientifique a été dépêchée sur les lieux.
Le bilan, lui aussi, demeure à confirmer. Alors qu’un premier bilan faisait état de 22 morts, les autorités provinciales ont ensuite évoqué une dizaine de décès, en attendant les vérifications dans différents établissements hospitaliers. Mais derrière ces chiffres encore provisoires se pose une urgence bien réelle : faire de la sécurité une obligation et non une formalité administrative. Car un contrôle effectué après une catastrophe ne ressuscite personne.
L’enjeu du contrôle annoncé par le gouvernement sera donc de déterminer si les salles de fête respectent réellement les normes, mais surtout d’empêcher qu’un nouveau mariage, un concert ou une simple soirée ne se transforme en tragédie. À Panacée, la fête devait célébrer l’amour. Elle aura finalement révélé une autre réalité : à Kinshasa, la sécurité de ceux qui se rassemblent dans les lieux de loisirs ne peut plus être une question secondaire.
JK


