La réaffirmation de l’engagement américain constitue un signal diplomatique important. Elle montre que Washington entend maintenir la crise entre la RDC et le Rwanda parmi ses priorités et accompagner les efforts visant à parvenir à une solution négociée. Mais il serait prématuré de mesurer cette implication uniquement à l’aune des résultats immédiats sur le terrain.
Les conflits dans l’Est de la RDC sont anciens, complexes et alimentés par des enjeux sécuritaires, politiques, économiques et régionaux qui ne peuvent être réglés par une seule puissance ni par un seul accord. L’enjeu pour les États-Unis sera donc de transformer leur influence diplomatique en leviers concrets de confiance, de respect des engagements et de vérification du cessez-le-feu, tout en encourageant les parties à s’attaquer aux causes profondes de la crise.
Pour Kinshasa comme pour Kigali, la paix devra également reposer sur des garanties mutuelles et sur le respect de la souveraineté de chacun. Au fond, la question n’est peut-être pas de savoir si Washington veut ou non la paix. La véritable question est de savoir si son implication, conjuguée à la volonté des acteurs régionaux, permettra enfin de créer les conditions d’une paix durable.
Car dans l’Est de la RDC, ce ne sont pas les déclarations qui manquent. Ce que les populations attendent désormais, ce sont des résultats durables, vérifiables et visibles sur le terrain.
Junior Kulele


