Près d’une semaine après le drame qui a endeuillé Kinshasa, une expertise technique approfondie est lancée pour déterminer l’origine exacte de l’incendie et établir les éventuelles responsabilités. La police scientifique est désormais au cœur des investigations. L’incendie qui a ravagé la salle de fêtes Panacée, dans la nuit du 4 au 5 septembre à Kinshasa, entre dans une nouvelle phase : celle de l’enquête technique.
Alors que le drame a suscité une vive émotion dans la capitale et relancé les interrogations sur la sécurité des établissements accueillant du public, la commission de crise chargée du suivi de l’incendie annonce le lancement immédiat d’une expertise destinée à déterminer précisément comment le feu a commencé et pourquoi il a pris une telle ampleur.
Selon le communiqué de la commission de crise, cette expertise doit permettre d’identifier « l’origine exacte du départ de feu » et d’établir les responsabilités directes et indirectes. À ce stade, aucune hypothèse ne doit être considérée comme définitive. Court-circuit, problème électrique, défaillance technique, négligence ou autre facteur : seule une analyse scientifique des lieux et des éléments disponibles pourra permettre de déterminer la cause réelle du sinistre.
C’est précisément le rôle confié à la police scientifique, appelée à examiner les traces laissées par le feu et les différents éléments susceptibles d’éclairer les circonstances du drame. L’enjeu est majeur. Il ne s’agit pas seulement de connaître le point de départ des flammes, mais également de comprendre comment un incendie a pu se transformer en catastrophe.
Qui pourrait être responsable ? L’enquête devra également examiner les responsabilités éventuelles. La commission de crise évoque aussi bien les responsabilités directes qu’indirectes. Cela pourrait notamment conduire les enquêteurs à s’intéresser aux conditions de fonctionnement de l’établissement, à ses dispositifs de sécurité, aux installations électriques, aux éventuelles autorisations, ainsi qu’au respect des normes applicables aux lieux accueillant du public.
Mais à ce stade, aucune personne ne peut être déclarée responsable avant la fin des investigations et l’établissement des faits par les autorités compétentes. Ce drame intervient dans un contexte où plusieurs incendies ont été signalés à Kinshasa ces derniers jours, notamment dans une école, une autre salle de fêtes et une habitation. Cette succession de sinistres renforce les interrogations sur la prévention des incendies dans la capitale.
L’enquête sur Panacée pourrait donc dépasser le seul cadre de cet établissement. Ses conclusions pourraient permettre d’identifier d’éventuelles failles plus générales dans la sécurité des bâtiments recevant du public. Les extincteurs étaient-ils disponibles et opérationnels ? Les sorties de secours étaient-elles accessibles ? Les installations électriques avaient-elles été contrôlées ? Les dispositifs d’alerte et d’évacuation étaient-ils adaptés ? Autant de questions auxquelles les investigations devront apporter des réponses.
L’expertise annoncée constitue une étape importante. Mais son utilité dépendra aussi de la suite qui sera donnée à ses conclusions. Si des manquements sont établis, les responsabilités devront être clairement identifiées et les mesures appropriées prises. Surtout, les enseignements du drame devront servir à renforcer les contrôles dans les salles de fêtes, écoles, marchés, églises, restaurants et autres établissements accueillant un nombre important de personnes.
L’objectif ne doit pas seulement être de savoir pourquoi Panacée a brûlé. Il faut aussi comprendre pourquoi un tel drame a pu se produire et surtout empêcher qu’il se reproduise ailleurs. La police scientifique est désormais au chevet de cette enquête. Les familles des victimes, les survivants et l’opinion publique attendent une chose : la vérité, établie par les faits et non par les rumeurs.
La rédaction de b-onetv.cd


