À quelques jours de la rentrée parlementaire prévue le 15 septembre, le climat politique se tend à Kinshasa. La journée doit également être marquée par une manifestation annoncée par une partie de l’opposition contre le projet de loi relatif au référendum. Face au risque de voir les deux événements se croiser, le député national Augustin Kabuya propose que la cérémonie officielle d’ouverture du Parlement soit organisée dans la soirée.
Dans une correspondance adressée au bureau de l’Assemblée nationale, l’élu de Mont-Amba estime que ce changement d’horaire pourrait contribuer à éviter d’éventuels incidents autour du Palais du Peuple, annoncé comme point de convergence de la marche de l’opposition. Pour Augustin Kabuya, l’enjeu est d’abord sécuritaire. La présence simultanée des manifestants et des parlementaires dans le même périmètre pourrait, selon lui, créer un climat propice aux tensions, aux provocations, voire à des affrontements.
Le secrétaire général de l’UDPS ne remet toutefois pas en cause, dans sa démarche, le droit de manifester reconnu par la Constitution. Il préconise plutôt un aménagement du calendrier de la journée afin de permettre à chaque activité de se dérouler séparément. Le député souhaite ainsi que la rentrée parlementaire conserve son caractère solennel tout en permettant aux autorités de mieux sécuriser les abords du siège du Parlement.
Une cérémonie organisée en soirée créerait, selon lui, un espace temporel suffisant pour limiter les risques de confrontation. Cette proposition intervient dans un contexte politique particulièrement sensible. L’opposition réunie au sein de la coalition Article 64 maintient en effet son projet de manifestation, malgré l’annonce par Félix Tshisekedi d’un processus de dialogue national.
La C64 a déjà fait savoir qu’elle ne comptait pas prendre part à ce dialogue dans sa configuration actuelle. Elle conteste notamment les contours du processus et l’exclusion de certaines forces politiques et acteurs engagés dans le conflit armé. Le 15 septembre pourrait donc devenir une journée à forte tension politique à Kinshasa : d’un côté, le Parlement qui doit officiellement reprendre ses travaux ; de l’autre, une opposition déterminée à descendre dans la rue.
Entre droit de manifester, sécurité des institutions et nécessité de préserver le fonctionnement parlementaire, les autorités devront trouver un équilibre pour éviter que cette coïncidence ne dégénère en confrontation.
La rédaction de b-onetv.cd


