Face à la progression de la 17ᵉ épidémie d’Ebola, la RDC change de stratégie. Le gouvernement lance une nouvelle phase de riposte fondée sur l’approche « Une Santé », avec un objectif clairement affiché : contenir l’épidémie dans un délai de 180 jours. La riposte contre Ebola entre dans une nouvelle phase en République démocratique du Congo.
À Kinshasa, le coordonnateur du Centre des opérations d’urgence de santé publique, Christian Ngandu, a présenté jeudi les contours d’un nouveau plan destiné à renforcer la lutte contre le virus et à rapprocher davantage les interventions des communautés. Le principe est simple : ne plus attendre que les malades arrivent dans les centres de santé.
Le nouveau dispositif veut renforcer la surveillance au cœur même des communautés, jusque dans les aires de santé, afin de détecter plus rapidement les cas suspects, les isoler et les orienter vers une prise en charge adaptée. Cette stratégie repose sur le concept « Une Santé », qui considère que la santé humaine ne peut être dissociée de la santé animale et de l’environnement.
Une approche jugée particulièrement importante dans la lutte contre Ebola, dont les chaînes de transmission peuvent être liées aux interactions entre les populations, les animaux et leur environnement. Le nouveau plan ne se limite pas au secteur médical. Il associe plusieurs domaines considérés comme essentiels à la maîtrise de l’épidémie : affaires humanitaires, communication, sécurité, transports, élevage, pêche et environnement.
Cette coordination multisectorielle doit permettre de mieux anticiper les difficultés sur le terrain et d’éviter que les acquis obtenus au cours de la riposte ne disparaissent après la baisse des contaminations. Le gouvernement entend ainsi tirer les leçons des premiers mois de cette 17ᵉ épidémie et adapter les interventions à l’évolution de la situation.
Sur le plan financier, le dispositif prend une nouvelle dimension. Alors que la précédente programmation, qualifiée de plan de deuxième génération, était estimée à plus de 240 millions de dollars américains, la nouvelle programmation est évaluée à près de 1,2 milliard de dollars. Selon Christian Ngandu, environ 870 millions de dollars seraient consacrés au secteur de la santé. Ces ressources doivent financer plusieurs volets de la riposte, notamment la surveillance, la prise en charge, la prévention, la vaccination et les interventions communautaires.
La vaccination des personnels exposés ainsi que des personnes ayant été en contact avec des cas confirmés demeure également au cœur du dispositif. Avec ce nouveau plan, Kinshasa veut donc passer d’une riposte essentiellement réactive à une surveillance davantage anticipative, capable de détecter les foyers de transmission au plus près des populations.
Reste désormais le défi de la mise en œuvre : mobiliser les financements, maintenir la vigilance sur le terrain et surtout réussir à interrompre les chaînes de transmission dans le délai fixé. 180 jours pour reprendre le dessus sur Ebola : le compte à rebours est lancé.
Jk


