Marché du carbone : la RDC veut reprendre le contrôle de sa richesse climatique
La RDC veut désormais faire de son immense potentiel écologique un véritable levier économique. Le président Félix-Antoine Tshisekedi a promulgué, le 7 septembre 2026, l’Ordonnance-loi n°26/016 portant régime juridique du marché du carbone en République démocratique du Congo.
À travers ce nouveau cadre, Kinshasa entend mieux organiser les activités liées aux crédits carbone, renforcer le contrôle de l’État et assurer une meilleure valorisation des résultats climatiques produits sur son territoire. Au cœur de la réforme figure la création d’un Registre national du carbone. Cet outil doit permettre d’enregistrer, de suivre, de vérifier et de contrôler les crédits carbone générés en RDC, mais aussi leurs éventuels transferts vers les marchés internationaux.
L’objectif est notamment d’améliorer la transparence et la traçabilité des projets, depuis leur conception jusqu’à l’émission et la commercialisation des crédits. Pour Kinshasa, l’enjeu dépasse la simple protection de l’environnement. Avec ses vastes forêts du bassin du Congo, ses tourbières, ses cours d’eau et sa biodiversité, la RDC dispose d’un potentiel considérable sur le marché mondial du carbone.
Le nouveau dispositif cherche donc à éviter que cette richesse climatique soit valorisée sans une véritable maîtrise nationale. Les projets devront désormais s’inscrire dans un cadre juridique congolais, conformément notamment aux mécanismes prévus par l’article 6 de l’Accord de Paris. Mais cette nouvelle politique pose aussi la question du bénéfice pour les populations.
L’ordonnance-loi prévoit la prise en compte des droits et intérêts des communautés locales et des peuples autochtones pygmées, particulièrement concernés par les projets de conservation et de valorisation des forêts. La RDC espère ainsi attirer davantage d’investissements dans des projets environnementaux tout en faisant de son patrimoine naturel une source de revenus.
Mais la réussite de cette réforme dépendra de sa mise en œuvre. Il faudra rendre le registre national pleinement opérationnel, assurer un contrôle efficace des projets et surtout garantir une redistribution équitable des bénéfices. La RDC possède déjà l’une des plus grandes richesses écologiques du monde. Elle cherche désormais à en maîtriser la valeur économique.
Dans la bataille mondiale contre le changement climatique, Kinshasa veut passer du statut de simple réservoir de carbone à celui d’acteur capable de gérer, valoriser et défendre sa richesse climatique.
La rédaction de b-onetv.cd


