Le dialogue national voulu par le Président de la République s’installe au cœur du débat politique, mais l’Assemblée nationale entend poser des limites. À l’ouverture de la session ordinaire de septembre, son président, Aimé Boji Sangara, a clairement exclu l’idée d’une table de discussions qui placerait sur un même pied les acteurs engagés dans la recherche de la paix et ceux qui continuent à recourir aux armes.
Dans son discours, le président de la Chambre basse a défendu le principe du dialogue tout en refusant qu’il soit assimilé à une quelconque capitulation de l’État. Pour lui, la recherche d’une issue politique à la crise ne doit pas affaiblir l’autorité de la République. « Le dialogue n’est pas une reddition », a-t-il martelé, avant d’ajouter que « la recherche de la paix n’est pas une capitulation ».
Cette position trace une frontière claire autour du processus annoncé par le chef de l’État. Aimé Boji Sangara estime notamment que ceux qui ont choisi la voie pacifique ne peuvent être placés sur le même plan que ceux qui continuent de faire de la violence un moyen d’action politique. « On ne peut pas demander à ceux qui ont choisi la paix de s’asseoir à la même table avec ceux qui continuent de brandir la menace comme argument », a-t-il déclaré.
Derrière cette prise de position se dessine donc une conception du dialogue comme un instrument de cohésion nationale, mais dans un cadre où l’État conserve ses prérogatives. La main tendue aux différents acteurs politiques ne devrait, selon lui, jamais être comprise comme un renoncement à la fermeté face aux groupes armés. « La main tendue de la République ne saurait être interprétée comme une main désarmée face à ceux qui la menacent », a prévenu le président de l’Assemblée nationale.
Ces déclarations interviennent alors que le débat sur les contours, les participants et les objectifs du dialogue national suscite déjà de nombreuses interrogations. L’enjeu est désormais de savoir jusqu’où ira l’ouverture annoncée par le pouvoir et quels acteurs pourront effectivement prendre part à cette initiative. Pour l’Assemblée nationale, une chose semble en tout cas acquise : dialoguer pour rechercher la paix, oui ; donner une légitimité politique à la violence armée, non.
JK


