Trois sensibilités politiques, une même table et des visions encore divergentes. La deuxième Journée nationale Justice et Paix, organisée mercredi 16 septembre au Centre interdiocésain de Kinshasa par la CENCO, a placé le dialogue national au cœur des échanges. Face à face : Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, Martin Fayulu, figure de l’opposition, et Marie-Ange Mushobekwa, ancienne ministre et cadre du FCC. Le panel était consacré aux conditions de légitimité, de crédibilité et d’inclusivité du processus.

Défendant la démarche engagée par le président Félix Tshisekedi, Patrick Muyaya a présenté le dialogue comme un cadre destiné à renforcer la cohésion nationale et à permettre aux Congolais de réfléchir aux réformes de leur État. Le porte-parole du gouvernement a notamment fait référence au discours présidentiel du 27 août et à l’ordonnance du 11 septembre, qui, selon lui, ont engagé le pays dans une dynamique vers un dialogue axé sur la paix, la cohésion et la refondation de l’État.
Il a également distingué les différents processus actuellement engagés autour de la crise congolaise. Selon sa présentation, Washington concerne la dimension interétatique de l’agression, Doha les questions liées au désarmement et au cantonnement de l’AFC/M23, tandis que le dialogue national doit permettre aux Congolais de travailler sur leur cohésion interne et les réformes de l’État.
Muyaya a par ailleurs insisté sur l’ouverture du processus aux différentes tendances politiques et forces vives, tout en affirmant que la décrispation ne devrait pas signifier l’impunité. Marie-Ange Mushobekwa défend, pour sa part, un format qu’elle souhaite davantage inclusif. Au nom de sa famille politique, elle plaide pour un dialogue réunissant les différentes parties prenantes à la crise.
Elle propose notamment que la CENCO et l’Église du Christ au Congo (ECC) jouent un rôle de médiation, avec l’accompagnement de l’Union africaine et des Nations unies. Autre proposition : tenir les assises dans un pays tiers afin, selon elle, de garantir la sécurité de l’ensemble des participants. L’ancienne ministre insiste également sur la décrispation du climat politique et la libération, selon elle, des opposants qu’elle considère comme détenus injustement.
Des divergences sur le format du processus
Les échanges à la CENCO ont ainsi mis en lumière une convergence sur la nécessité de rechercher une issue politique à la crise, mais des divergences persistent sur le format, les garanties, la médiation et le périmètre des participants au dialogue.

La rencontre aura surtout permis de faire dialoguer, dans un même espace, des représentants de sensibilités politiques différentes. Une démarche qui place désormais la question de l’inclusivité au centre des discussions sur la suite du processus.
La rédaction de b-onetv.cd


