La baisse de la fréquentation de certains centres de traitement ne signifie pas nécessairement que l’épidémie recule. Alors que la RDC fait face à une nouvelle flambée de maladie à virus Ebola, Médecins sans frontières (MSF) appelle à la prudence et met en garde contre toute conclusion prématurée sur l’évolution de la situation.

Déclarée officiellement le 15 mai 2026, l’épidémie continue de faire peser une importante pression sur le système de santé. Les chiffres disponibles font état de milliers de cas confirmés et de plusieurs milliers de décès, avec un bilan qui pourrait être plus élevé en raison des difficultés de surveillance, de détection et de notification dans certaines zones.
Certes, certains indicateurs apparaissent moins alarmants. Dans plusieurs centres de traitement Ebola, les admissions sont en baisse et la transmission semble ralentir dans certaines zones. Mais pour MSF, ces signaux ne suffisent pas à conclure à une maîtrise de l’épidémie. « Considérer que l’épidémie est sous contrôle parce que certains Centres de traitement Ebola reçoivent moins de patients serait une erreur », prévient Anthony Kergosien, coordinateur des urgences de MSF à Bunia, en Ituri.
L’organisation souligne que, sur le plan national, la tendance reste préoccupante. Le Sud-Ubangi est désormais la septième province touchée, tandis que le Nord-Kivu concentre une part importante des cas confirmés. Une hausse du taux de positivité y a notamment été observée ces derniers jours. À cette situation s’ajoutent les capacités encore limitées de préparation et de réponse dans certaines zones.
Pour tenter de contenir rapidement les nouveaux foyers, MSF a renforcé ses équipes de réponse rapide et déployé du personnel ainsi que des ressources sur le terrain. L’objectif est clair : intervenir avant qu’un nouveau foyer ne se transforme en flambée de grande ampleur, particulièrement dans les régions qui disposent de peu ou pas de capacités de réponse.
« Cette stratégie vise à détecter et à contenir rapidement les nouveaux foyers de transmission avant qu’ils ne se transforment en flambées de grande ampleur dans des zones ne disposant d’aucune capacité de réponse », explique Anthony Kergosien. Face à cette situation, MSF appelle à un renforcement du soutien opérationnel des agences des Nations unies, notamment de l’Organisation mondiale de la santé.
L’organisation plaide pour une mobilisation plus rapide et mieux coordonnée, afin de permettre aux équipes d’intervenir sans délai dans les zones où de nouveaux foyers apparaissent. Car dans une épidémie où la surveillance reste un maillon essentiel de la réponse, le silence des indicateurs ne doit pas être confondu avec la disparition du virus.

Pour MSF, maintenir la vigilance, renforcer les capacités locales et assurer aux communautés affectées l’accès à l’ensemble des services nécessaires restent indispensables pour contenir durablement Ebola en RDC.
Jehovani Mulumba


