À l’ONU, Kinshasa ne réclame pas de nouvelles résolutions. Elle demande l’application de celles qui existent déjà. Devant la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, la Première ministre Judith Suminwa a placé la mise en œuvre des engagements internationaux au cœur du plaidoyer congolais pour la paix dans l’Est de la RDC.
« Nous n’attendons pas de nouveaux textes pour remplacer ceux qui ont déjà été adoptés. Nous attendons leur exécution », a déclaré Judith Suminwa, soulignant le décalage persistant entre les décisions prises au niveau international et la réalité vécue par les populations dans les zones affectées par les violences.
La cheffe du gouvernement congolais a rappelé que, depuis plus de trois décennies, les populations de l’Est font face aux conséquences des conflits armés : déplacements forcés, violences sexuelles, séparation des familles, recrutement d’enfants et perturbation de la scolarité. Pour Kinshasa, cette situation illustre les difficultés du système multilatéral à transformer les engagements diplomatiques en résultats concrets sur le terrain.
Kinshasa met en avant les engagements internationaux
Judith Suminwa a également établi un lien entre la persistance des violences et l’exploitation des ressources naturelles congolaises. Elle a dénoncé ce que les autorités de Kinshasa présentent comme une agression du Rwanda à travers l’AFC/M23, ainsi que les violences attribuées à d’autres groupes armés, notamment les ADF et la CODECO.
La Première ministre a toutefois réaffirmé la priorité accordée à la voie diplomatique. Elle a cité parmi les principaux cadres de règlement de la crise l’accord de paix signé à Washington le 27 juin 2025, le processus de Doha ainsi que la feuille de route harmonisée de l’Union africaine. Mais pour le gouvernement congolais, la multiplication des initiatives diplomatiques ne suffit pas à elle seule à ramener la paix. L’enjeu se situe désormais dans leur mise en œuvre effective.
La résolution 2773 au centre du plaidoyer
Adoptée à l’unanimité le 21 février 2025 par le Conseil de sécurité des Nations unies, la résolution 2773 demande notamment au M23 de cesser les hostilités et de se retirer des zones qu’il contrôle. Elle appelle également au démantèlement des administrations parallèles mises en place par le mouvement et demande au Rwanda de mettre fin à son soutien au M23 et de retirer ses forces du territoire congolais.
Le texte prévoit également la facilitation de l’accès humanitaire ainsi que la création des conditions nécessaires au retour sûr et digne des personnes déplacées et des réfugiés. Plus d’un an après son adoption, Kinshasa estime que plusieurs de ces dispositions demeurent insuffisamment mises en œuvre. Les autorités congolaises affirment notamment que l’AFC/M23 continue de maintenir des structures administratives parallèles dans les zones sous son contrôle.
À la tribune de l’ONU, Judith Suminwa a donc ramené le débat à une exigence centrale pour Kinshasa : faire passer les engagements internationaux du papier à la réalité. « Nous n’attendons pas de nouveaux textes pour remplacer ceux qui ont déjà été adoptés. Nous attendons leur exécution », a-t-elle martelé.
Pour le gouvernement congolais, la paix dans l’Est ne se mesurera ainsi plus seulement au nombre d’accords conclus ou de résolutions adoptées, mais à leur traduction concrète sur le terrain : cessation des hostilités, protection des civils, accès humanitaire et retour des populations déplacées.
La rédaction de b-onetv.cd


