L’Assemblée nationale veut donner davantage de visibilité aux actions sociales réalisées par les députés dans leurs circonscriptions. Une initiative qui suscite déjà des interrogations sur le rôle constitutionnel des élus et sur le financement de ces interventions. Dans un communiqué publié le 5 octobre, le rapporteur de l’Assemblée nationale, Jacques Djoli Eseng’Ekeli, a invité les députés à documenter, par des photos et des vidéos, leurs actions sociales, communautaires et humanitaires menées sur le terrain.
Ces initiatives concernent notamment l’éducation, la santé, les infrastructures ou encore l’accès à l’électricité. Pour Jacques Djoli, l’objectif est de faire connaître les interventions des élus en faveur de leurs bases électorales. Mais la démarche soulève une question centrale : avec quels moyens ces actions sont-elles financées ? Le rapporteur de l’Assemblée nationale assure que ces réalisations ne bénéficient d’aucun financement public de l’institution parlementaire.
Il s’agirait, selon lui, d’initiatives personnelles des députés, qui répondent aux nombreuses sollicitations de leurs électeurs. Paiement des frais scolaires, prise en charge des funérailles, soutien aux étudiants ou encore interventions ponctuelles : les élus seraient régulièrement sollicités pour répondre à des besoins sociaux dans leurs circonscriptions. Cette situation relance toutefois le débat sur le rôle du député national.
L’article 100 de la Constitution attribue notamment au Parlement le vote des lois et le contrôle du Gouvernement, tandis que l’article 101 définit le député comme représentant de la Nation. Pour certains observateurs, les actions de développement relèvent principalement de l’exécutif et des politiques publiques, et non du mandat parlementaire. Jacques Djoli défend néanmoins une réalité propre au contexte congolais : le député est confronté à des attentes sociales qui dépassent souvent ses missions institutionnelles.
L’initiative de l’Assemblée nationale ouvre ainsi un débat entre mandat constitutionnel, attentes des électeurs et engagement social personnel des élus. Elle pose également la nécessité de distinguer clairement les actions financées à titre privé des politiques publiques relevant de l’État.
La rédaction de b-onetv.cd


