À Genève, la RDC appelle les Nations unies à donner à la Commission d’enquête indépendante sur les violations des droits humains au Nord-Kivu et au Sud-Kivu les moyens financiers, techniques et logistiques nécessaires à sa mission, dont l’échéance est fixée à mars 2027. Le 2 octobre, lors de la 63e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba Kabuya, a exhorté les partenaires internationaux à soutenir urgemment les investigations.
L’objectif est de permettre aux enquêteurs de documenter les violations présumées commises dans le contexte du conflit armé dans l’Est du pays. Après une première mission à Kinshasa, la Commission n’a pas pu se rendre à Goma, en raison notamment de l’insécurité et des contraintes sanitaires. La crise financière des Nations unies complique également le déploiement des équipes sur le terrain.
Kinshasa estime donc que le renforcement des capacités de la Commission est indispensable pour recueillir les témoignages, établir les faits et identifier les responsabilités. Samuel Mbemba Kabuya a dénoncé de graves atteintes aux droits humains dans les zones contrôlées par l’AFC/M23, que le gouvernement congolais accuse de bénéficier du soutien du Rwanda.
Il a notamment évoqué des viols, des tortures, des disparitions forcées, des déplacements de populations et des violences visant les enfants. Le ministre a également cité les événements du 2 août 2026 à Minova, faisant état de l’arrestation de 37 jeunes et de violences sexuelles présumées contre 17 jeunes filles. Ces accusations devront être examinées dans le cadre d’investigations indépendantes.
Il s’est par ailleurs référé à un rapport d’Amnesty International évoquant des exécutions sommaires, des détentions arbitraires, des recrutements forcés et des pillages, ainsi que des flux présumés d’or et de coltan vers le Rwanda. La Commission est chargée d’examiner les violations présumées commises depuis l’escalade des hostilités en janvier 2025, notamment les violences sexuelles et les atteintes visant les femmes, les enfants, les déplacés et les réfugiés.
À quelques mois de la fin de son mandat, l’urgence est de lui permettre d’accéder aux zones concernées et de réunir les preuves nécessaires. Pour Kinshasa, l’enjeu dépasse le financement d’une enquête : il s’agit de faire la lumière sur les violations alléguées et de créer les conditions d’une véritable lutte contre l’impunité.
La rédaction de b-onetv.cd


