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Est de la RDC : l’Union africaine promet une paix durable, Kinshasa attend des actes

12 heures ago
in Sécurité
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RDC : Félix Tshisekedi échange avec les facilitateurs de l’Union africaine sur la paix dans les Grands Lacs
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La paix dans l’Est de la République démocratique du Congo demeure au cœur des efforts diplomatiques africains. Reçus samedi 10 octobre à Kinshasa par le président Félix-Antoine Tshisekedi, les membres du Panel des facilitateurs de l’Union africaine (UA) ont réaffirmé leur volonté de contribuer à une solution durable à un conflit qui éprouve depuis des années les populations congolaises et fragilise toute la région des Grands Lacs.

Au terme de deux jours de consultations, les facilitateurs africains affichent leur détermination à faire progresser le processus de paix. Mais derrière les déclarations d’intention, une exigence demeure : transformer les initiatives diplomatiques en résultats concrets sur le terrain, là où les populations attendent avant tout la sécurité, le retour à une vie normale et la fin des violences.

« Nous souhaitons vraiment que la paix soit rétablie dans l’est de votre pays, la RDC, afin que non seulement la RDC et ses voisins immédiats, mais aussi toute l’Afrique, puissent en profiter », a déclaré Sahle-Work Zewde, ancienne présidente de l’Éthiopie et membre du Panel des facilitateurs.

Cette déclaration résume l’ambition affichée par la médiation africaine : faire de la résolution de la crise congolaise un enjeu dépassant les frontières nationales. Car l’instabilité dans l’Est de la RDC ne se limite pas à une tragédie humanitaire. Elle compromet également la coopération régionale, la circulation des personnes et des biens ainsi que la valorisation des immenses ressources naturelles dont dispose le continent.

Des consultations pour mieux cerner les enjeux du conflit

Au cours de leur séjour à Kinshasa, les membres du Panel ont échangé avec plusieurs responsables congolais, notamment Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur et de la Sécurité, et Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre des Affaires étrangères. Floribert Anzuluni, ministre de l’Intégration régionale, ainsi que des responsables et conseillers de la présidence ont également pris part aux discussions.

Ces échanges visaient notamment à recueillir des informations auprès des institutions concernées afin d’éclairer les prochaines étapes de la médiation. Sahle-Work Zewde a qualifié les consultations de fructueuses, soulignant la nécessité de disposer d’informations fiables pour rechercher une issue à un conflit qu’elle considère comme l’un des plus coûteux du continent.

À l’issue de cette séquence diplomatique, la présidence congolaise a rappelé que la priorité reste la protection des civils et le rétablissement de la sécurité dans les zones affectées par les affrontements. Pour Kinshasa, l’enjeu n’est donc pas seulement de maintenir le dialogue, mais d’obtenir des avancées tangibles, susceptibles de modifier durablement la situation sur le terrain.

Une médiation africaine face à l’épreuve des résultats

Le Panel des facilitateurs rassemble plusieurs anciens dirigeants africains, dont Sahle-Work Zewde, Catherine Samba-Panza, Uhuru Kenyatta et Mokgweetsi Masisi. Leur mission consiste à accompagner les efforts de paix engagés par l’Union africaine et à favoriser la coordination entre les différentes initiatives diplomatiques consacrées à la crise dans l’Est congolais.

Après Goma, Kigali et Kinshasa, la délégation doit poursuivre sa tournée en Ouganda et au Burundi, avant de se rendre à Beni, au Nord-Kivu, et à Bunia, en Ituri. Ces étapes doivent permettre aux facilitateurs de poursuivre leurs consultations avec les acteurs concernés et de mieux appréhender les réalités sécuritaires et humanitaires des zones touchées.

Cette démarche s’inscrit dans le cadre d’une feuille de route de six mois, couvrant la période de juillet à décembre 2026, adoptée lors d’une réunion tenue les 25 et 26 juillet à Gaborone, au Botswana. Le plan d’action prévoit notamment le renforcement de la coordination politique, l’analyse des enjeux militaires et sécuritaires, l’amélioration de l’accès humanitaire, le dialogue avec les groupes armés et le développement de la coopération économique régionale.

Il accorde également une place à la gestion des ressources naturelles, à la réconciliation et à la participation de la société civile, des femmes et des jeunes. La coordination avec les processus de Washington et de Doha figure parmi les axes destinés à éviter la dispersion des initiatives et à favoriser une approche plus cohérente.

Entre espoir diplomatique et attente des populations

La multiplication des consultations et l’existence d’une feuille de route constituent des étapes dans la recherche d’une solution. Elles ne suffisent toutefois pas, à elles seules, à garantir une paix effective. La crédibilité de la médiation se mesurera à sa capacité à favoriser la mise en œuvre des engagements, à obtenir des avancées vérifiables et à contribuer à la protection des populations civiles.

Pour les Congolais de l’Est, éprouvés par les violences, les déplacements et l’insécurité persistante, la paix ne peut rester une promesse portée de capitale en capitale. Elle doit se traduire par la fin des hostilités, la sécurité des communautés et la possibilité de retrouver leurs terres et leurs activités.

L’Union africaine entend ainsi poursuivre son implication dans une crise dont les conséquences dépassent largement les frontières congolaises. Reste désormais à savoir si cette mobilisation diplomatique permettra de franchir un nouveau cap. Car, pour la RDC comme pour l’ensemble de la région des Grands Lacs, l’urgence n’est plus seulement de parler de paix, mais de créer les conditions concrètes de son rétablissement.

JK

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