Assainir le paysage médiatique congolais passe aussi par une meilleure identification des journalistes professionnels. Le gouvernement entend valoriser la carte de presse, renforcer la protection des professionnels et promouvoir une pratique du journalisme davantage ancrée dans la déontologie. Un chantier qui pose une exigence essentielle : restaurer la confiance du public sans fragiliser la liberté d’informer.
Dans un paysage médiatique où la circulation de l’information s’accélère, distinguer le journaliste professionnel des autres acteurs qui prennent la parole dans l’espace public devient un enjeu majeur. En République démocratique du Congo, les autorités veulent faire de l’identification des journalistes l’un des leviers de l’assainissement du secteur. Cette orientation a été défendue lundi 12 octobre par le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya.

Pour le gouvernement Suminwa, la reconnaissance du statut professionnel doit permettre de mieux encadrer l’exercice du métier, mais également d’offrir davantage de considération à ceux qui l’exercent conformément aux règles en vigueur. La carte de presse se retrouve ainsi au centre de cette démarche. Le gouvernement envisage d’accorder certaines facilités aux journalistes dûment identifiés, dans l’objectif de valoriser leur statut et de renforcer leur reconnaissance sociale.
« Le journaliste doit reprendre son appellation de « Monsieur », car il mérite considération », a déclaré Patrick Muyaya, plaidant pour la restauration du respect attaché à cette profession. Mais l’identification ne saurait, à elle seule, suffire à rétablir la crédibilité des médias. Elle doit s’accompagner d’un engagement renouvelé en faveur de la rigueur, de la vérification des faits et du respect des règles déontologiques.
De son côté, le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), Christian Bosembe, a insisté sur la nécessité d’assainir le secteur. Il a rappelé que la liberté d’expression devait s’exercer dans le respect des lois et des exigences liées à la sécurité de l’État, estimant que les libertés professionnelles ne pouvaient servir de couverture à des pratiques assimilables à la délinquance ou au banditisme.
Cette position remet au centre du débat l’équilibre entre liberté et responsabilité. Si le journaliste doit pouvoir enquêter, questionner les pouvoirs publics et informer sans entraves illégitimes, il lui revient également de respecter les principes fondamentaux de son métier. L’autorégulation, la vérification des informations et le respect du droit de réponse constituent, à cet égard, des garanties essentielles.

Les échanges ont notamment rappelé les dispositions de l’ordonnance-loi du 13 mars 2023 encadrant le secteur de la communication et des médias. L’enjeu dépasse donc la simple possession d’une carte professionnelle. Il s’agit de bâtir un environnement médiatique où le statut du journaliste est reconnu, où ses droits sont protégés et où ses obligations sont effectivement respectées.
Au fond, assainir la presse congolaise ne consiste pas seulement à identifier ceux qui informent, mais aussi à créer les conditions pour qu’ils puissent le faire librement, professionnellement et en toute responsabilité. Car la crédibilité d’un média ne se décrète pas : elle se construit chaque jour, par la qualité de l’information, l’indépendance du journaliste et la confiance du public.
La rédaction de b-onetv.cd


