Le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, dénonce la création du Front de résistance pour le Congo (FRC), associé à l’ancien président Joseph Kabila. Il y voit une nouvelle appellation d’un mouvement armé dont les objectifs resteraient, selon lui, inchangés.
Patrick Muyaya ne mâche pas ses mots. Dans une intervention médiatique, le porte-parole du gouvernement Suminwa a vivement critiqué l’initiative de Joseph Kabila, estimant que le choix de la lutte armée revient à s’attaquer aux institutions et à la population congolaises. « Le choix du Président honoraire de prendre les armes signifie qu’il a choisi de tuer les Congolais pour penser renverser l’ordre constitutionnel et revenir au pouvoir », a-t-il déclaré, dénonçant un changement d’image qui ne modifierait pas, selon lui, les intentions du mouvement.
Pour le ministre, le FRC s’inscrit dans la continuité de l’AFC/M23, qu’il présente comme un groupe armé supplétif du Rwanda. Kinshasa, a-t-il assuré, entend poursuivre les efforts diplomatiques dans le cadre des processus de Washington, avec Kigali, et de Doha, avec les acteurs de la crise dans l’Est. Patrick Muyaya a également interpellé les acteurs de l’opposition, notamment ceux du C64, qui réclamaient la participation de Joseph Kabila au dialogue. Il les invite à clarifier leur position face à ce qu’il qualifie d’agression rwandaise.
Réaffirmant son attachement à la légalité constitutionnelle, le ministre a martelé : « Le pouvoir appartient au peuple congolais. Il se conquiert par les urnes, pas par les armes. » Il a enfin opposé à cette nouvelle initiative la position du Bloc pour la République, annoncé comme prêt à s’y dresser, avant de lancer une pique à l’ancien chef de l’État : « Le fils aîné veut apprendre aux Congolais à nager alors qu’il a pendant 18 ans vidé la piscine. »
Elrick Elesse


