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RDC : Fils Mukoko révoqué de la RASKIN après ses déclarations controversées

4 minutes ago
in Société
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RDC : Fils Mukoko révoqué de la RASKIN après ses déclarations controversées
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La série de sanctions s’accélère pour Fils Mukoko. Au lendemain de ses déclarations controversées appelant à la distribution d’armes à la population et menaçant les ressortissants occidentaux en République démocratique du Congo, le cadre politique vient de perdre ses fonctions à la Régie d’assainissement de Kinshasa (RASKIN).

Dans un arrêté provincial, le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, a révoqué Mukoko Mudipanu Le Fils Benoît de son poste de directeur général adjoint chargé des questions techniques. La mesure prend effet dès sa signature, tandis que le ministre provincial de l’Environnement est chargé de son exécution.

Sans faire directement référence aux propos à l’origine de la controverse, l’arrêté rappelle les exigences de dignité, de discrétion et de responsabilité auxquelles sont soumis les agents investis de fonctions publiques. Il insiste également sur la nécessité de préserver l’honneur de l’administration et la crédibilité des institutions. Cette révocation intervient après une première mesure de suspension prise par le ministre provincial de l’Environnement, Léon Mulumba, qui avait notamment dénoncé des déclarations jugées extrêmes et à caractère xénophobe.

À l’origine de cette succession de sanctions, une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux dans laquelle Fils Mukoko évoquait la distribution d’armes sur des terrains de football, dans des églises et des universités. Dans la même intervention, il s’en prenait à la Belgique et aux Occidentaux, affirmant que ces derniers auraient « du mal à sortir de Kinshasa ».

Ces déclarations ont provoqué une réaction ferme du gouvernement. Le porte-parole de l’exécutif, Patrick Muyaya, les a qualifiées d’« horreur absolue », tout en soulignant qu’elles n’engageaient ni le gouvernement ni aucune autre institution de la République. Il a également assuré que des dispositions avaient été prises pour protéger les missions diplomatiques.

Sur le plan judiciaire, le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a annoncé avoir instruit le procureur général près la Cour de cassation d’ouvrir une enquête sur la vidéo attribuée à Fils Mukoko. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) a, de son côté, annoncé un embargo médiatique de 88 jours à son encontre et l’a convoqué pour une audition.

L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti présidentiel, s’est également désolidarisée de son membre. Dans un communiqué signé par son président intérimaire, Augustin Kabuya, le parti condamne toute initiative de distribution d’armes en dehors du cadre légal et précise que Fils Mukoko n’exerce aucune fonction en son sein.

Il affirme par ailleurs que les initiatives évoquées dans ses déclarations n’ont reçu aucune autorisation des organes compétents du parti. En l’espace de quelques heures, Fils Mukoko s’est ainsi retrouvé au centre d’une série de mesures politiques, administratives, médiatiques et judiciaires. Son départ de la RASKIN marque une nouvelle étape dans cette affaire, alors que les autorités cherchent à dissocier leurs institutions des propos tenus par l’intéressé.

Cette séquence intervient dans un contexte de tensions diplomatiques entre Kinshasa et Bruxelles, après des perquisitions menées en Belgique dans des résidences de proches du président Félix Tshisekedi dans le cadre d’une instruction pour blanchiment. Les autorités belges ont contesté toute orchestration diplomatique de ces opérations. Reste désormais à connaître les suites de l’enquête judiciaire et les éventuelles responsabilités qui pourraient être établies.

La révocation administrative ne préjuge pas, à elle seule, de l’issue de cette procédure. Au-delà de la sanction d’un responsable public, l’affaire pose une question fondamentale : jusqu’où peut aller la liberté de parole d’un acteur politique lorsqu’elle touche à la sécurité des personnes, à la cohésion nationale et aux relations avec les partenaires étrangers ?

Dans un contexte aussi sensible, les appels à la violence exigent des réponses institutionnelles conformes à la loi, tandis que l’établissement des responsabilités relève désormais des autorités compétentes.

La rédaction de b-onetv.cd

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