Alors qu’Africa Intelligence évoque une possible entrée de Macky Sall dans la course au secrétariat général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), le calendrier électoral et les règles en vigueur semblent compliquer sérieusement cette perspective. À moins d’un improbable rebondissement, l’ancien président sénégalais pourrait arriver trop tard dans une bataille dont les principales étapes sont déjà franchies.
Pour Macky Sall, le temps politique ne semble plus jouer en sa faveur. L’élection du prochain secrétaire général de la Francophonie, pour le mandat 2027-2030, est prévue le 16 novembre prochain à Phnom Penh, au Cambodge. Or, selon les éléments relatifs au processus électoral, les candidatures ont déjà été déposées dans les délais réglementaires et les candidats ont passé les auditions devant les ministres des Affaires étrangères et de la Francophonie des États et gouvernements membres.
La campagne est désormais entrée dans sa dernière ligne droite. Dans ces conditions, une éventuelle candidature de dernière minute de l’ancien chef de l’État sénégalais se heurterait à un obstacle majeur : le respect du règlement électoral. Réunis à Paris le 13 octobre, lors de la 134ᵉ session du Conseil permanent de la Francophonie, les représentants personnels des chefs d’État et de gouvernement ont arrêté les modalités pratiques de l’élection prévue à huis clos le 16 novembre.
Ils ont notamment rappelé que le scrutin est régi par le Règlement unique des Instances, adopté en mars 2022. Le message est clair : le processus étant engagé, les règles ne peuvent être modifiées à ce stade pour permettre l’arrivée d’un nouveau candidat. Ce cadre réglementaire distingue le scrutin actuel des précédentes élections, organisées dans un contexte où les procédures étaient moins précisément encadrées.
L’éventualité d’une candidature tardive rappelle notamment le précédent d’Abdou Diouf, ancien président sénégalais devenu secrétaire général de l’OIF en 2003. Mais les circonstances institutionnelles ne sont plus les mêmes. Le règlement de 2022 limite désormais les marges de manœuvre et rend difficile toute tentative de réouverture du processus électoral.
L’hypothèse d’une candidature de Macky Sall s’inscrit dans la perspective d’un retour sur la scène diplomatique internationale après ses douze années à la tête du Sénégal, de 2012 à 2024. L’OIF pourrait représenter un poste d’influence, à la croisée des enjeux politiques, culturels et diplomatiques de l’espace francophone. Mais une ambition, aussi solide soit-elle sur le plan politique, ne suffit pas à contourner les règles d’une organisation internationale.
Si l’ancien président n’a pas déposé sa candidature dans les délais prévus, son accès au scrutin du 16 novembre apparaît, au vu des éléments disponibles, fortement compromis. Il convient toutefois de distinguer les spéculations autour de son éventuelle candidature d’une annonce officielle : les informations évoquant son entrée dans la course ne suffisent pas, à elles seules, à établir qu’il a effectivement engagé une démarche formelle.
Le calendrier ne laisse que peu d’espace
À quelques semaines du vote, la Francophonie semble vouloir préserver la stabilité de ses procédures. Toute modification des règles à ce stade risquerait d’alimenter les contestations et de fragiliser la crédibilité du scrutin. Pour Macky Sall, l’équation est donc délicate : une candidature envisagée trop tard pourrait se heurter non pas à un adversaire politique, mais à un cadre institutionnel désormais verrouillé.
Sauf évolution officielle des règles ou élément nouveau dans le dossier, la perspective d’une candidature de Macky Sall pour l’élection du 16 novembre paraît ainsi très compromise. Dans cette bataille francophone, l’enjeu ne sera pas seulement de disposer d’un profil politique de premier plan, mais aussi d’être entré dans la course au bon moment.
Junior Kulele


