Alors que la crise politique et sécuritaire continue de fragiliser la République démocratique du Congo, la communauté internationale hausse le ton. Le Groupe de contact international (GCI) pour la région des Grands Lacs rejette fermement toute ambition politique portée par les armes et appelle les protagonistes congolais à privilégier la voie du dialogue, dans le respect de la Constitution et de l’ordre institutionnel.
Dans une déclaration commune publiée ce vendredi 30 octobre, les onze membres du GCI, dont les États-Unis, la France, la Belgique, l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Union européenne, expriment leurs préoccupations face aux derniers développements en RDC. Leur mise en garde vise notamment le Front pour la refondation de la nation (FRN), récemment créé à Goma sous la présidence de l’ancien chef de l’État Joseph Kabila.
Le groupe diplomatique dit rejeter « catégoriquement » toute tentative de poursuivre des objectifs politiques par le recours à la violence. Une position qui intervient dans un contexte où le FRN, présenté comme un nouveau mouvement politico-militaire, s’inscrit dans la continuité de la dynamique de l’AFC/M23, dont les combattants, soutenus par le Rwanda selon les autorités congolaises et plusieurs partenaires internationaux, occupent toujours de vastes zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Pour le GCI, les différends politiques ne sauraient trouver leur résolution sur le champ de bataille. « Les divergences politiques et les revendications ne peuvent être résolues par des moyens militaires », soulignent ses membres, qui insistent également sur la nécessité de garantir l’État de droit et les libertés fondamentales.
Au-delà de cette condamnation, les partenaires internationaux réaffirment leur attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la RDC. Ils plaident pour un dialogue intercongolais pacifique et inclusif, réunissant les principales parties prenantes, estimant qu’il constitue une condition essentielle à l’établissement d’une paix durable.
Cette prise de position intervient dix-huit jours après la création du FRN, annoncée le 12 octobre à Goma. Joseph Kabila en assure la présidence, avec Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa comme vice-présidents. Emmanuel Sultani Makenga conserve, quant à lui, la direction de la branche armée.
Elle intervient également dans un contexte diplomatique marqué par les accords de Washington entre Kinshasa et Kigali, ainsi que par le processus de Doha engagé avec l’AFC/M23. Malgré ces initiatives, les affrontements persistent dans plusieurs zones de l’Est, mettant à rude épreuve les engagements pris par les différentes parties.
Entre les initiatives diplomatiques qui se multiplient et les réalités militaires qui perdurent sur le terrain, le fossé reste considérable. Le message du GCI est désormais explicite : aucune ambition politique ne peut justifier le recours aux armes, et la recherche d’une solution durable à la crise congolaise passe par le respect des institutions, la souveraineté nationale et une concertation politique sans violence.
La rédaction de b-onetv.cd


