À l’heure où la planète cherche des réponses concrètes à l’urgence climatique, les deux Congo entendent placer leur patrimoine forestier au centre des discussions internationales. Arrivé jeudi à Brazzaville, Félix-Antoine Tshisekedi prend part à un mini-sommet de haut niveau consacré à la sauvegarde des écosystèmes forestiers.
Une rencontre qui intervient à quelques jours de la COP31 et qui remet en lumière le poids stratégique du bassin du Congo dans la bataille mondiale pour le climat. Les forêts du bassin du Congo ne sont pas seulement une richesse naturelle. Elles constituent un patrimoine écologique dont dépend, en partie, l’équilibre climatique de la planète.
C’est autour de cet enjeu majeur que Brazzaville accueille, ce vendredi 6 novembre, un rendez-vous diplomatique réunissant plusieurs dirigeants africains et responsables internationaux. Parmi les personnalités attendues, le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi, arrivé dans la capitale congolaise la veille, à l’invitation de son homologue Denis Sassou Nguesso.
Cette rencontre environnementale se tient en marge de la 40ᵉ édition de la Journée nationale de l’arbre en République du Congo. Elle s’inscrit également dans la dynamique du lancement de la Décennie des Nations unies pour le boisement et le reboisement, une initiative internationale qui entend accélérer la restauration des espaces forestiers et promouvoir une gestion durable des ressources naturelles.
Autour de Félix Tshisekedi et de Denis Sassou Nguesso sont notamment annoncés le président burundais et président en exercice de l’Union africaine, Évariste Ndayishimiye, son homologue centrafricain Faustin-Archange Touadéra, ainsi que le président de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies. Une présence de haut niveau qui confère à ces assises une dimension diplomatique dépassant les frontières des deux Congo.
Au programme du séjour présidentiel figure une cérémonie de plantation d’arbres au PK45, dans la périphérie de Brazzaville. Félix Tshisekedi doit ensuite prendre la parole lors d’un forum consacré à la protection, à la conservation et à la valorisation des ressources forestières.
La RDC, une puissance écologique appelée à peser dans les négociations climatiques
Pour Kinshasa, ce rendez-vous représente une nouvelle occasion de défendre les intérêts d’un pays dont le patrimoine naturel constitue un atout majeur dans la lutte contre le dérèglement climatique. Avec ses vastes étendues de forêts tropicales, ses tourbières et sa biodiversité exceptionnelle, la République démocratique du Congo occupe une place incontournable dans le bassin du Congo, deuxième massif forestier tropical de la planète.
Mais disposer d’un tel patrimoine ne suffit pas. L’enjeu consiste désormais à faire reconnaître sa valeur, à mobiliser des financements à la hauteur des services environnementaux rendus à l’humanité et à garantir que les populations vivant au cœur de ces écosystèmes bénéficient réellement des politiques de conservation.
Cette ambition prend une dimension particulière à l’approche de la 31ᵉ Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP31), prévue du 9 au 20 novembre 2026 en Turquie. La participation congolaise à cette grand-messe climatique devra permettre de défendre les priorités nationales, notamment le financement de la protection des forêts, la préservation de la biodiversité et la valorisation économique durable des ressources naturelles.
De Kinshasa à Brazzaville, une diplomatie climatique en construction
La présence du chef de l’État à Brazzaville intervient dans le prolongement de la deuxième édition de la Semaine nationale du climat organisée récemment à Kinshasa. Cette rencontre avait notamment mis l’accent sur les perspectives offertes par les marchés du carbone et sur les possibilités de transformer le potentiel écologique congolais en ressources financières au service du développement.
L’ambition affichée est de concilier deux exigences : préserver les écosystèmes et faire de cette richesse naturelle un véritable levier de croissance. Une approche qui suppose également une meilleure prise en compte des communautés locales et des peuples autochtones, dont les conditions de vie et les droits doivent rester au centre des politiques environnementales.
La Semaine nationale du climat avait aussi servi de cadre préparatoire à la participation de la RDC à la COP31, en mettant en avant les priorités du pays dans les négociations internationales. À Brazzaville, le message attendu est donc autant écologique que politique et économique. Il s’agit de faire du bassin du Congo un espace de coopération régionale, mais aussi un acteur incontournable des discussions sur le financement climatique mondial.
Car protéger les forêts tropicales ne relève plus uniquement d’une responsabilité nationale ou régionale. C’est une question d’intérêt planétaire. Et dans cette bataille pour l’avenir du climat, la RDC entend faire entendre sa voix : celle d’un pays qui possède une part essentielle des solutions environnementales dont le monde a besoin.
La rédaction de b-onetv.cd


