L’Assemblée nationale a inscrit à l’ordre du jour de sa plénière de ce jeudi la question sensible de l’état de siège, en vigueur depuis le 6 mai 2021 dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

Depuis son instauration, cette mesure exceptionnelle, qui confie la gestion administrative et sécuritaire de ces provinces aux autorités militaires et policières, a été renouvelée à intervalles réguliers. Le 21 mars 2025, le Parlement congolais – Assemblée nationale et Sénat réunis a validé pour la 95ᵉ fois sa prorogation. Conformément à la Constitution, ce renouvellement doit être approuvé tous les quinze jours.
Au-delà de cette question, les députés et sénateurs doivent également adopter le calendrier de travail de la session de septembre, fixant les grandes priorités parlementaires des prochaines semaines. La reconduction de l’état de siège intervient dans un climat de scepticisme. Malgré son objectif affiché de restaurer la paix et d’endiguer les violences des groupes armés, notamment le M23, la mesure reste critiquée pour son inefficacité. Les accusations d’ingérence rwandaise dans la région nourrissent par ailleurs le débat.
En janvier 2025, le gouvernement avait reçu mandat d’élaborer une feuille de route pour une sortie progressive de ce régime d’exception. Mais aucune avancée concrète n’a encore été enregistrée. Depuis 2023, plusieurs organisations de défense des droits humains et une partie de la société civile appellent à la levée pure et simple de l’état de siège, dénoncé comme attentatoire aux libertés fondamentales.
Pour une frange de l’opinion congolaise, le maintien de ce dispositif illustre les tensions persistantes entre la nécessité d’assurer la sécurité et l’exigence de préserver le fonctionnement normal des institutions démocratiques dans l’Est du pays.
Elrick Elesse


