Le ministre des Sports et Loisirs, Didier Budimbu, a ordonné, vendredi 6 février, la suspension immédiate de toutes les activités sportives au stade Tata Raphaël de Kinshasa. Cette décision radicale, notifiée par écrit à l’administrateur gestionnaire de cette infrastructure emblématique, intervient après une série d’actes de vandalisme récurrents, attribués principalement à des supporters de clubs de football.

Dans sa correspondance officielle datée du 6 février, le ministre fustige des comportements répétitifs, irresponsables et restés jusque-là impunis, qui portent gravement atteinte à l’intégrité du patrimoine sportif national. Il souligne que ces dégradations entraînent des coûts de réparation élevés supportés par l’État, dans un contexte budgétaire déjà contraignant.
« Ces actes ternissent l’image du sport congolais, violent les principes de l’éthique sportive et exposent les spectateurs, les joueurs ainsi que les officiels à des risques sécuritaires inacceptables », déplore Didier Budimbu. Face à cette situation jugée préoccupante, le ministre a décidé de suspendre tous les matchs du championnat et toute autre activité sportive programmée au stade Tata Raphaël, l’un des plus grands complexes omnisports du pays et symbole historique du sport congolais.
La réouverture de l’enceinte est désormais conditionnée au respect de trois exigences majeures : Un état des lieux exhaustif des dégâts enregistrés au cours des saisons 2024-2025 et 2025-2026, actuellement en cours ; La mise en place d’un plan de sécurité renforcé, impliquant les organisateurs, les forces de l’ordre et les responsables des clubs ; Un engagement ferme des parties prenantes, assorti d’un échéancier précis pour la réparation des dommages causés.
À travers cette décision, le ministère des Sports entend responsabiliser les clubs, souvent accusés de ne pas suffisamment encadrer leurs supporters, et rappeler que les infrastructures publiques ne peuvent plus être livrées à des comportements violents et destructeurs. Cette suspension s’inscrit également dans une volonté plus large de réformer la gouvernance du sport en RDC, en mettant l’accent sur la discipline, la sécurité dans les stades et la préservation des biens publics.
Cette fermeture pourrait avoir un impact significatif sur le déroulement de la saison sportive 2025-2026, déjà lancée avec un important retard. Plusieurs clubs de Kinshasa, qui utilisent régulièrement le stade Tata Raphaël pour leurs rencontres à domicile, devront trouver des solutions alternatives, au risque de perturber davantage le calendrier des compétitions nationales.

En attendant, cette décision marque un tournant dans la gestion des infrastructures sportives en République démocratique du Congo, avec un message clair : la tolérance zéro face au vandalisme et à l’insécurité dans les stades.
JK


