Les audiences se poursuivent devant la Haute Cour militaire dans le dossier du général Philémon Yav Irung, une affaire aux ramifications sécuritaires et politiques sensibles. Ce mardi, le lieutenant-général Fall Sikabwe, cité comme témoin par la défense, a livré une déposition qui a relancé le débat sur les tensions entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda.
À la barre, Fall Sikabwe a affirmé que plusieurs hauts gradés des Forces armées de la RDC (FARDC) figuraient sur une liste d’officiers considérés comme hostiles par Kigali. Selon lui, ces militaires auraient été perçus comme des « extrémistes » et potentiellement visés pour être éliminés.
Le témoin a cité six officiers : le lieutenant-général Constant Ndima, le lieutenant-général Philémon Yav Irung, le général-major Peter Chirimwami, le général-major Sylvain Ekenge, le général de brigade Ghislain Tshinkobo Mulamba et le général de brigade John Chinabuuma Kamukinde. Il a également rappelé le rôle joué par certains de ces officiers lors de la défense de Kinshasa en 1998, lors des incursions rwandaises.
Ces révélations ont immédiatement été contestées par le ministère public, qui y voit une tentative de diversion. Pour l’accusation, évoquer une prétendue hostilité du Rwanda envers le général Yav ne permet pas d’écarter les soupçons d’éventuels liens avec Kigali. La défense, de son côté, a rejeté ces insinuations, affirmant qu’aucun élément tangible ne prouve une collaboration entre leur client et l’entourage du général rwandais James Kabarebe.
Ce procès dépasse le cadre judiciaire. Il s’inscrit dans un contexte de tensions sécuritaires aiguës à l’Est du pays et de rivalités politiques internes, où l’armée, la justice militaire et les enjeux géopolitiques régionaux s’entremêlent.
La rédaction de b-onetv.cd


