Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) disposent d’un nouveau porte-parole à titre intérimaire. Le lieutenant-colonel Mak Hazukay Mongba a été désigné commandant du Service de communication et d’information des FARDC (SCIFA) et porte-parole de l’armée congolaise. Il succède au général-major Sylvain Ekenge, suspendu le 29 décembre 2025 à la suite de propos tenus sur la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC), jugés xénophobes et discriminatoires à l’égard de la communauté tutsie.
Cette nomination a été officialisée par une note du chef d’état-major général des FARDC, signée le jeudi 7 janvier et rendue publique ce vendredi. Elle confère au lieutenant-colonel Mak Hazukay Mongba une mission stratégique : restaurer la crédibilité, la neutralité et le professionnalisme de la communication militaire, dans un contexte sécuritaire et social particulièrement sensible.
Officier rompu aux enjeux de la communication et des opérations militaires, Mak Hazukay Mongba est diplômé de l’Institut facultaire des sciences de l’information et de la communication (IFASIC) depuis 2008. Ancien journaliste reporter, il a occupé les fonctions de directeur de l’audiovisuel au département de l’information de l’état-major général des FARDC. Intégré à l’armée depuis 1988, il a suivi plusieurs formations militaires, notamment au Maroc et en Chine.
Avant sa désignation comme porte-parole intérimaire, il exerçait les fonctions de commandant adjoint du SCIFA, chargé des opérations militaires et du renseignement. Depuis mai 2024, il était également directeur de la communication et de la sensibilisation, ainsi que porte-parole du secteur opérationnel Sukola 1 Grand Nord et Front Nord. À ce titre, il a été directement impliqué dans la communication autour des opérations menées contre les groupes armés ADF et M23 dans les territoires de Beni et de Lubero, au Nord-Kivu, ainsi que dans les opérations conjointes FARDC–UPDF.
La question de la communication militaire s’est invitée au Conseil des ministres tenu le 2 janvier à la Cité de l’Union africaine, à Kinshasa. Selon le compte rendu lu par le porte-parole du gouvernement, le Président de la République, Félix Tshisekedi, a rappelé avec fermeté que la parole publique engage l’État, en particulier lorsqu’elle émane d’un responsable militaire. Il a insisté sur la nécessité de respecter les valeurs républicaines, l’éthique et la cohésion nationale, tout en approuvant les mesures prises à l’encontre de l’officier sanctionné.
L’institution militaire, tout comme l’opinion publique congolaise, attend désormais du lieutenant-colonel Mak Hazukay Mongba un engagement clair en faveur d’une communication professionnelle, transparente et responsable, fidèle aux valeurs des FARDC et respectueuse de la diversité des communautés qui composent la République démocratique du Congo.
Jehovani Mulumba


