Le général-major Sylvain Ekenge, porte-parole des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), a été suspendu de ses fonctions ce lundi par le Chef d’état-major général de l’armée congolaise, selon des sources militaires concordantes. Cette décision intervient au lendemain de propos tenus samedi par l’officier supérieur, lors d’une intervention publique largement relayée sur les réseaux sociaux.
Dans ses déclarations, le général-major Ekenge a évoqué ce qu’il a présenté comme un prétendu stratagème de certaines femmes de la communauté tutsie, visant à perpétuer une « suprématie » démographique à travers les naissances. Des propos qui ont immédiatement suscité une vague d’indignation au sein de l’opinion publique, de la société civile et de plusieurs organisations de défense des droits humains.
Face à la controverse, l’état-major des FARDC a décidé de prendre des mesures conservatoires, estimant que ces déclarations étaient contraires aux valeurs républicaines, à l’éthique militaire ainsi qu’au devoir de neutralité et de cohésion nationale qui incombe aux forces armées. Une enquête interne aurait été ouverte afin d’établir les responsabilités et de déterminer les suites disciplinaires éventuelles.
Du côté des autorités politiques, l’on rappelle que le président de la République, Félix Tshisekedi, a toujours affiché une ligne ferme contre toute forme de discrimination, de stigmatisation ou de discours de haine, quelle que soit la communauté concernée. À plusieurs reprises, le Chef de l’État a réaffirmé son attachement à l’unité nationale, au vivre-ensemble et à l’égalité de tous les citoyens congolais devant la loi, sans distinction d’origine ethnique ou communautaire.
Cette affaire survient dans un contexte sécuritaire et politique particulièrement sensible, marqué par les tensions persistantes dans l’Est du pays, où les questions identitaires sont souvent instrumentalisées. Pour de nombreux observateurs, la suspension du général-major Ekenge traduit la volonté des autorités militaires et politiques de prévenir toute dérive susceptible d’exacerber les divisions au sein de la population et des forces de défense.
En attendant les conclusions de l’enquête, l’intérim à la communication des FARDC devrait être assuré par un autre officier désigné par la hiérarchie militaire, afin de garantir la continuité de l’information officielle de l’armée congolaise.
La rédaction de b-onetv.cd


