Dès l’aube de ce lundi 4 mai 2026, Kinshasa s’est éveillée au rythme des slogans et des pas cadencés. Dans une atmosphère à la fois militante et déterminée, les artères de la capitale ont vu défiler des centaines de sympathisants de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), mobilisés autour d’un mot d’ordre : soutenir les sanctions américaines perçues comme un levier dans la lutte contre l’impunité en République démocratique du Congo.

Vêtus de t-shirts et képis aux couleurs du parti, les militants ont porté haut un double message : appuyer les mesures prises contre des acteurs accusés d’atteintes à la démocratie, et réaffirmer leur engagement en faveur d’une gouvernance renouvelée, certains allant jusqu’à évoquer la nécessité d’un changement constitutionnel.
La marche, conduite par Antoinette Kalambayi, cadre de l’UDPS, est partie de la 1ère Rue Limete pour rallier le boulevard Triomphal, avant de prendre la direction de l’ambassade des États-Unis, point final de cette démonstration de force. Sur place, un mémorandum devait être déposé pour exprimer officiellement cette position.
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte diplomatique particulier, marqué par les démarches du Président Félix Tshisekedi auprès de l’administration de Donald Trump, visant à sanctionner des personnalités soupçonnées de corruption ou d’implication dans des dynamiques déstabilisatrices. Parmi elles, l’ancien chef de l’État Joseph Kabila, accusé par certains de soutenir la rébellion de l’AFC/M23, active dans l’Est du pays.
Face à la foule, Antoinette Kalambayi a martelé un message sans détour : « Nous marchons pour soutenir la vérité. On ne peut pas parler de paix à l’Est tant que ceux qui dirigent l’AFC/M23 ne répondent pas de leurs actes. » Reprenant les termes du communiqué du parti, elle a désigné Joseph Kabila comme « responsable de la guerre et de l’insécurité à l’Est », tout en appelant à une prise de conscience collective. Pour elle, la mobilisation citoyenne reste un levier essentiel pour mettre fin à l’impunité et promouvoir une gouvernance responsable.
Cette initiative fait écho à l’appel lancé par Augustin Kabuya Tshilumba, président ad intérim de l’UDPS, invitant militants, alliés, société civile, confessions religieuses et étudiants à se joindre massivement à cette action. Au-delà de la marche, c’est un signal politique fort qui est envoyé : celui d’une frange de la population décidée à soutenir toute dynamique susceptible de renforcer la justice et la transparence dans la gestion publique.
Dans une RDC encore confrontée à de nombreux défis sécuritaires et institutionnels, cette mobilisation vient rappeler que, pour une partie des Congolais, la lutte contre l’impunité n’est plus une option… mais une exigence.
Jehovani Mulumba


